Article publié dans Concours pluripro, septembre 2026
 

Il faut interroger les origines italiennes de Claudia Monaco pour trouver des réponses à son attrait pour le secteur de la santé. Sa famille est originaire du sud de l'Italie, "quelque part entre Rome et Naples", précise l'infirmière de 44 ans. Dans cette région, "on est solidaires et communautaires. On s'aide les uns et les autres, on ne laisse pas les gens en difficulté, en particulier les anciens", explique Claudia Monaco, persuadée que cette culture lui a donné à son tour l'envie de "prendre soin des autres". Cette culture, certes, mais aussi ses parents : "mon père était entrepreneur dans le bâtiment et ma mère était secrétaire de direction dans le domaine de la gestion immobilière", précise l'infirmière qui a passé son enfance à Villejuif (Île-de-France).

Le bac en poche, Claudia Monaco s'inscrit à la faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière, pour se rendre rapidement compte qu'elle n'a "pas le niveau", notamment en physique et en chimie, se souvient-elle. C'est donc sans regret qu'elle abandonne ses études de médecine pour passer les concours d'orthophoniste et d'infirmière. Un concours qu'elle obtiendra et qui la conduira à étudier à l'Institut de formation en soins infirmiers Charles-Foix (AP-HP), à Ivry-sur-Seine. Dans cet établissement réputé pour son expertise gériatrique, elle découvre la prise en charge des personnes âgées. Fraîchement diplômée, elle exerce pendant quatre ans dans le service de réanimation chirurgicale thoracique et digestive de l'Hôtel-Dieu (AP-HP)... mais décide, en 2011, de faire "le grand écart", pour rejoindre le centre municipal de santé (CMS) Jacques-Isabet de Pantin. "Je travaillais de nuit à l'Hôtel-Dieu et je venais d'avoir un enfant", justifie celle qui s'est aussi laissé convaincre par un collègue infirmier qui avait auparavant fait le même choix professionnel.
 

 

Première fournée

Quelques années plus tard, en 2014, l'ARS Île-de-France lance, en collaboration avec huit hôpitaux, deux centres de lutte contre le cancer (CLCC), trois centres de santé et sept universités, le projet de préfiguration des infirmières cliniciennes spécialisées (PrefICS), l'expérimentation qui préfigurera la fonction d'infirmière en pratique avancée (IPA) dans le système de soins français. L'infirmière se lance, pour "monter en compétences". "J'ai fait partie de la première fournée des quatre premières infirmières qui ont participé au projet. J'ai fait un master de santé publique ciblé 'prise en charge des personnes âgées', de 2015 à 2017, mais nous n'étions pas encore officiellement considérées comme des IPA car le décret d'application n'avait pas encore été publié", détaille-t-elle en faisant allusion au décret relatif au diplôme d'État d'IPA publié en 2018. Inscrit dans la loi de modernisation du système de santé en 2016, il définit les domaines d'intervention et les activités de l'IPA, les conditions de prise en charge du patient ainsi que les modalités de coopération entre le médecin et elle.

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