Plus de trois semaines après l'ouverture de ses locaux, le 21 septembre dernier, le centre de santé enfants-parents Anne Wahl a été officiellement inauguré hier soir lors d'une soirée réunissant plus d'une centaine de personnes : professionnels de santé, élus, usagers du centre de santé… Situé à 300 mètres du centre de santé de l'Arlequin, lui aussi porté par l'Association de gestion des centres de santé (Agesca), le centre enfant-parent est né "d'un constat partagé par les professionnels de santé et les acteurs du territoire : les besoins en pédiatrie nécessitent une réponse dédiée", explique Philippe Pichon, médecin généraliste au CDS de l'Arlequin : "C'est une rencontre entre un projet de ville, porté par la métropole, et des besoins réels dans le quartier du centre de l'Arlequin." 

Identifiés dès 2020, ces besoins ont conduit l'équipe de l'Agesca à imaginer un centre mère-enfant. Le travail autour du projet de santé – réalisé avec les professionnels de santé de l’Agecsa, les habitants du quartier et les partenaires de terrain – a permis d’aboutir à une transformation du projet initial en un centre de santé enfants-parent. "L'objectif : proposer une prise en charge adaptée aux enfants et à leurs parents, dans un quartier marqué par des situations de précarité, des difficultés de mobilité et des barrières linguistiques", complète Charlène Dunod, psychomotricienne dans l’équipe pédiatrique et coordinatrice des projets de prévention. L'Agecsa, association de santé présente depuis 54 ans dans les quartiers populaires du sud de Grenoble, compte six centres de santé et une centaine de salariés. "Au sein de cette organisation, l'équipe pédiatrique exerçait jusqu'ici dans le centre de santé de l'Arlequin, aux côtés de deux équipes de médecine générale, recontextualise Philippe Pichon. C'est cette équipe qui a rejoint les nouveaux locaux, avec l'ambition de développer une approche pluriprofessionnelle de la santé de l'enfant."

Une équipe pédiatrique au service des familles

Médecins généralistes spécialisés dans le suivi des enfants, notamment dans les troubles du neurodéveloppement (TND), pédiatres, orthophoniste, psychologue et psychomotricienne composent l'équipe. "Une accueillante complète le dispositif, avec la perspective de renforcer progressivement les effectifs médicaux et d'intégrer une assistante médicale", précise le médecin généraliste. La venue d'une médiatrice, déjà présente au centre de santé de l'Arlequin, est également envisagée pour accompagner les familles au plus près de leurs besoins.



crédits : Philippe Pichon

Ici, le suivi individuel reste central : les enfants conservent leur médecin traitant, tandis que les compétences complémentaires de l'équipe permettent de croiser les regards et d'adapter les prises en charge. "Des enfants sont aussi suivis par des médecins généralistes dans les autres centres, l'équipe pédiatrique peut leur apporter leur expertise dans les situations complexes", résume Charlène Dunod. L'enjeu est d'autant plus important que les professionnels estiment à environ 5.000 le nombre d'enfants déjà suivis par un des centres de l'Agesca, sur les 30.000 enfants grenoblois.

Au-delà des consultations, le centre entend faire de la prévention un axe structurant de son activité. "Des ateliers destinés aux enfants et à leurs parents sont prévus autour de la psychomotricité, du développement du langage, de l'usage des écrans, de l'obésité infantile, de la santé buccodentaire ou encore de l'alimentation", raconte la psychomotricienne. Le centre s'inscrit dans un réseau territorial déjà dense : "Plusieurs médecins interviennent en crèche ou en protection maternelle et infantile (PMI), favorisant les liens avec les acteurs de l'enfance", détaille Philippe Pichon.

L'Agecsa mène par ailleurs des actions de vaccination en collaboration avec le Département de l’Isère et souhaite renforcer les passerelles entre soins, prévention et accompagnement. Reste la question du financement de certaines prises en charge pluriprofessionnelles. "La psychomotricité, notamment, ne bénéficie pas d'un conventionnement avec l'Assurance maladie dans les mêmes conditions que d'autres professions, ce qui soulève des difficultés pour organiser son intervention au sein du centre", regrette Charlène Dunod. 

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