Fin 2022, une demande d’augmentation pour compenser l'inflation est formulée par les représentants du personnel du Cosem (2 millions de consultations médicales et dentaires par an, 700 praticiens). Demande refusée par la direction, arguant d'"importants soucis financiers". Interpellés par les nombreux travaux pourtant réalisés dans les centres, les élus demandent à consulter les comptes annuels… et découvrent d'étonnantes notes de frais, s'élevant pour la femme du directeur, "directrice esthétique et communication", à près de 95.000 euros pour la seule année 2021 : 625 euros de caviar, 14 638 euros d'additions au restaurant, 1.397 euros pour un séjour au palace niçois Le Negresco… Au total pour 3 personnes, les frais s'élèvent à plus de 285.000 euros.
Ils découvrent également qu'une Jaguar avait été achetée par le directeur avec les fonds de l'association, alors qu'elle servirait principalement à son épouse pour ses trajets personnels. Ils soupçonnent d'ailleurs son emploi d'être fictif, tout comme celui de sa belle-fille, responsable de la communication. Ils accusent également le directeur et ses deux fils d'avoir racheté au Cosem la société Eden, qui détient tous les actifs immobiliers, pour un montant de 26 millions d'euros… qu'ils ne devront verser que dans dix ans.
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Créée en 1945, l'association de santé à caractère non lucratif, qui emploie 1 400 salariés et revendique deux millions de consultations médicales et dentaires par an assurées par 700 praticiens, selon son site internet, est financée par des fonds publics, à travers des remboursements de la Sécurité sociale et des subventions. Une structure dirigée par Daniel Dimermanas, directeur général depuis 2010, et ses deux fils, précise l’AFP. "Nous sommes face à une famille qui s'est totalement appropriée les murs et a créé des sociétés satellites" qui puisent dans les finances du Cosem, avait affirmé en avril à l'AFP un élu du CSE sous couvert de l'anonymat.
Les élus du CSE soupçonnent la famille d'appauvrir le Cosem "afin de servir leurs intérêts privés" et redoutent des conséquences sur les emplois. Ils dénoncent des salaires exorbitants versés au père et à ses fils, des emplois fictifs de leurs épouses et des notes de frais disproportionnées – plus de 285.000 euros pour trois personnes en 2021…
Les investigations, révélées par Radio France, ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), a confirmé le parquet.
[avec AFP]