Article publié dans Concours pluripro, mai 2026
D’après un sondage réalisé par l’Ordre national des pédicures-podologues en 2025, 44 % de la profession est en activité dans une maison de santé ou une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS)."Notre profession partage une vision plutôt positive de l’exercice coordonné", reconnaît David Boudet, président de la Fédération nationale des podologues (FNP). Aujourd’hui, ils sont plus de 14 000 à exercer en France, dont 99 % en libéral. Et ont la particularité de disposer d’une convention avec l’Assurance maladie, qui ne couvre qu’une partie de leurs actes et qui est composée de lettres clés d’un montant parfois très bas."Les tutelles n’ont jamais eu l’intention de consacrer une enveloppe élevée à notre profession. De même, les lettres ministérielles de cadrage sont très limitées", ajoute-t-il.
En tant qu’élu syndical, David Boudet participe aux négociations pour les accords conventionnels interprofessionnels (ACI) MSP et CPTS : "Comme beaucoup d’autres professions paramédicales, nous trouvons que les ACI-MSP sont trop centrés sur le couple médecin-infirmière, voire sur le couple médecin-pharmacien… Ce qui laisse très peu de place aux autres." De plus, les coûts afférents à ce type d’exercice ne sont pas toujours adaptés à l’exercice des pédicures-podologues, "ce qui explique pourquoi certains ont rejoint puis quitté ces structures", précise-t-il.
Pour autant, les pédicures-podologues accueillent ce mode d’exercice avec bienveillance. "L’exercice coordonné nous permet de travailler plus facilement en pluriprofessionnalité, d’être intégrée dans des actions de santé publique territoriales et de promouvoir la profession, rapporte David Boudet. C’est d’autant plus important que le fait d’être "hors remboursement" pour une grande partie de nos actes et en accès direct complique parfois la création de liens avec les autres professionnels de santé."
Aujourd’hui, la profession bénéficie aussi de protocoles de coopération dans le cadre d’un exercice coordonné. Un protocole local permet, par exemple, la prise en charge de l’ongle incarné sans douleur [voir Concours pluripro, octobre 2025, NDLR]. Sa version nationale est en cours de rédaction. C’est le cas également d’un protocole qui permettrait au pédicure-podologue d’effectuer directement les prélèvements pour diagnostiquer des mycoses unguéales.
"Toutes les avancées autour de l’exercice coordonné restent toutefois dépendantes de l’équipe en place, rappelle David Boudet. Si on n’inscrit pas dans le texte conventionnel la volonté d’ouvrir le champ de cet exercice aux paramédicaux, cela peut créer une désharmonie sur le terrain."