Dépourvue de médecin généraliste depuis plusieurs années, la commune de Val Suran, située dans le bas Jura, a accueilli, au sein de la MSP de Saint-Julien, un cabinet médical éphémère en avril 2025 avec quatre praticiens afin de répondre à ce besoin ponctuel, dans l’attente d’une solution pérenne. "Nous avons permis aux retraités, aux remplaçants et aux installés d’être volontaires", rapporte Jean-François Louvrier, président du Conseil départemental de l'Ordre des médecins. Mais au fil des mois, pour des raisons logistiques et organisationnelles, seul un médecin retraité a poursuivi les consultations. "La continuité des soins ne pouvant plus être assurée, nous avons donc dû fermer le cabinet, regrette le médecin. C’était devenu trop compliqué et dangereux, pour les patients comme pour le médecin. Nous souhaitons, a minima, trois jours de présence médicale."

 

La construction du modèle

Le cabinet éphémère de Val Suran n’est pas le premier de ce type dans le département. Déjà avant la crise sanitaire, lorsque la commune de Saint-Claude avait été confrontée à une carence de médecins, "nous avons ouvert un cabinet éphémère", explique Jean-François Louvrier. Une réunion avait d’abord été organisée avec les praticiens installés sur le territoire, pour s’assurer de l’opportunité de la mesure et de la non-concurrence. Dès le projet acté, le président du Conseil départemental de l'Ordre des médecins avait immédiatement écarté l’idée de demander aux médecins retraités d’intervenir en libéral, car "cela leur aurait demandé de nombreuses démarches administratives", se souvient-il. Il les a pensés salariés d’une structure.

Amellis Mutuelle a alors rejoint l’aventure pour les salarier, fournir le matériel et s’occuper de la logistique. De son côté, l’Ordre s’est chargé de recruter des médecins volontaires et la commune, de trouver un local. Le même modèle a été dupliqué à Bois-d’Amont mais, dès que des médecins se sont installés dans ces villages, les cabinets éphémères ont fermé leur porte. 

 

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