Le fait, pour un médecin, d'exiger une avance de frais pour un patient bénéficiaire de l'aide médicale d'État, peut-il être assimilé à un refus de soins discriminatoire ?
Oui, a répondu le Conseil d'État, dans un arrêt du 27 février 2026, en sanctionnant d'un blâme un médecin ophtalmologiste qui avait demandé à une patiente, bénéficiaire de l'aide médicale d'État, de régler le prix de la consultation concernant son enfant. Pour le Conseil d'État, conditionner la délivrance des soins à l'exigence que le bénéficiaire de l'aide médicale d'État fasse l'avance des frais, doit être regardé comme un refus de soins discriminatoire, contraire aux dispositions, notamment rappelées par l'article L.251-1 du code de l'action sociale et des familles et par l'article L.1110-3 du code de la santé publique. Le Conseil d'État a également tenu à souligner que la sanction prononcée (blâme), même si elle peut être mal acceptée, reste mineure au motif qu'il n'a pu être établi que ce médecin refuserait de manière systématique ou même habituelle de donner des soins à des patients bénéficiaires de l'aide médicale d'État. Mais aussi, au vu de l'absence d'antécédents disciplinaires de l'intéressé.
