[L'Ordre des pédicures-podologues vous répond...]
Un arrêt récent de la chambre disciplinaire nationale rappelle que le secret professionnel est absolu, y compris face au cercle familial, et que sa violation peut entraîner de lourdes sanctions ordinales. À l'origine de l'affaire, un différend classique : une erreur de complétude sur une feuille de soins, qui empêche le remboursement de semelles orthopédiques.
Face à l'enlisement du litige avec sa patiente, une pédicure-podologue a commis l'erreur de solliciter l'intervention de son conjoint. Ce dernier a contacté la patiente par téléphone à plusieurs reprises et s'est même rendu directement sur son lieu de travail pour tenter de "régler la situation".
Saisies de l'affaire, les instances disciplinaires (première instance et nationale) ont été sans appel : en partageant avec un tiers (son conjoint) des informations nominatives et médicales, la pédicure-podologue a violé l'article R4322-35 du code de la santé publique, qui dispose que "le secret professionnel s'impose à tout pédicure-podologue, dans les conditions établies par la loi". Le manquement est caractérisé par la divulgation sciemment opérée de l'identité de la patiente, sa pathologie (la nature des soins) et son lieu de travail. Outre le préjudice subi par la patiente, les juges ont retenu une atteinte grave à l'image de la profession. La sanction est exemplaire : une interdiction d'exercer de trois mois (dont deux avec sursis).
Pour rappel : le secret professionnel est structurel. Il couvre tout ce qui est venu à la connaissance du professionnel dans l'exercice de sa profession et ne souffre d'aucune exception pour le conjoint ou les proches. Donc, dans votre pratique, ne partagez jamais l'identité d'un patient conflictuel avec vos proches. Et sachez que le secret protège le patient, mais il protège aussi le droit d'exercer du professionnel.