Droit et gestion

Droit

Taxes foncières, relations avec les Ordres professionnels, responsabilité pénale, questions relatives à l’immobilier ou la gestion des locaux, statuts d’une société, refus de soins, fiscalité et retraite… Un éclairage juridique sur les questions relatives à votre pratique individuelle ou collective.

Notre Expert
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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

Vous avez une question relative à votre exercice, la gestion des locaux, vos droits et devoirs... ? Notre expert vous répond.

L'expert vous répond

Expert
Secret professionnel

Lors d'une expertise médicale judiciaire, peut-on récuser la présence d'un non-médecin, notamment un représentant de l'un des assureurs ?

- 2 juin 2026 -

Dans un arrêt du 6 novembre 2025, la Cour de cassation a considéré que lors d'une expertise médicale judiciaire, le secret médical ne faisait pas obstacle à la présence du préposé de l'assureur, en l'occurrence un inspecteur-régleur, dès l'instant où il n'est pas présent au moment de l'examen clinique. Pour la Cour de cassation, le secret médical prévu par l'article L.1110-4 du code de la santé publique ne concerne que les professionnels de santé et ne s'étend ni à l'avocat ni au salarié de l'assureur. Ainsi, ni l'expert ni la victime ne peut obtenir l'exclusion du préposé de l'assureur des phases non cliniques de l'expertise.

Gestion du personnel

Une infirmière exerçant dans un centre médical de soins immédiats peut-elle demander une autorisation pour exercer sur un site distinct ?

- 2 juin 2026 -

Comme l'a jugé la cour administrative d'appel de Nancy, dans un arrêt du 1er avril 2025, l'exercice en centre médical de soins immédiats (CMSI) reste une activité libérale : les infirmières y exerçant sont ainsi soumises aux mêmes règles que les autres infirmières libérales, notamment en ce qui concerne les autorisations d'exercice sur plusieurs sites. Dans l'affaire jugée par la cour de Nancy, trois infirmières, exerçant déjà en CMSI, avaient demandé une autorisation pour exercer sur des sites distincts, mais leur demande a été refusée car les zones concernées n'étaient pas considérées comme sous-dotées en personnel infirmier.

Responsabilité légale

Qui doit apporter la preuve qu'une infection est nosocomiale ?

- 2 juin 2026 -

Comme le rappelle l'article L.1142-1 du code de la santé publique, les établissements de santé dans lesquels sont réalisés des actes de diagnostic, de prévention ou de soins "sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère".

Dans un arrêt du 7 janvier 2026, la Cour de cassation a donné tort à une cour d'appel pour avoir méconnu ce texte et rejeté la demande d'indemnisation formée par un patient au motif qu'il y aurait plusieurs hypothèses s'agissant de l'origine de la contamination par le staphylocoque et que ce patient n'aurait pas apporté la preuve que l'infection était en lien direct et certain avec les soins prodigués par la clinique dans laquelle il avait été hospitalisé. Or, il appartenait à cette clinique, et non au patient, de prouver que son infection n'avait pas été contractée au sein de son établissement.

Réglementation de la profession

Un employeur peut-il contacter le médecin traitant de l'un de ses salariés pour obtenir des informations le concernant ?

- 2 juin 2026 -

Comme le rappellent les articles L.1110-4 et R.4127-4 du code de la santé publique, le secret médical, institué dans l'intérêt du patient, dans le but de protéger sa vie privée et le secret des informations le concernant, couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin. Dans un arrêt du 10 décembre 2025, la Cour de cassation a ainsi condamné un employeur pour avoir contacté le médecin traitant d'une salariée afin d'obtenir des renseignements relatifs à la pathologie dont elle souffrait, pour utiliser ces informations et lui reprocher de s'être fait délivrer un certificat médical en rétorsion à l'avis d'aptitude émis par le médecin du travail.

Réglementation de la profession

Un médecin doit-il s'enquérir des résultats d'analyses ou d'examens complémentaires qu'il prescrit à ses patients ?

- 2 juin 2026 -

Pour conforter un diagnostic et déterminer un traitement adapté, un médecin peut être amené à conseiller à un patient des examens ou explorations complémentaires. Ces résultats d'examens ne sont pas toujours transmis au médecin prescripteur – ce que l'on peut déplorer –, et le patient, par négligence ou incompréhension, peut oublier de recontacter son médecin, pensant, à tort, qu'il a reçu directement ses résultats et qu'en l'absence de nouvelles de sa part, ses résultats sont normaux. Pour assurer un suivi pertinent, un médecin doit donc veiller à prendre connaissance, sans délai, de ces résultats, car une absence de suivi pourrait lui être reprochée, notamment si ces résultats devaient entraîner une prise de décision rapide (intervention chirurgicale, traitement spécifique et urgent...). Le constat d'une absence de suivi et un retard préjudiciable au patient pourraient mettre en difficulté le médecin dont la responsabilité serait susceptible d'être recherchée.

Responsabilité légale

Lors d'une intervention chirurgicale, qui est responsable en cas d'oubli d'une compresse chez un patient opéré ?

- 11 mai 2026 -

Dans un arrêt du 10 septembre 2025, la cour d'appel de Rouen a reconnu la responsabilité d'un chirurgien orthopédiste pour avoir oublié une compresse chez une patiente qu'il a opérée et rejeté la faute individuelle de l'infirmière présente. Pour la cour de Rouen, "s'il appartient au salarié de l'établissement de soins de vérifier que le nombre de compresses est le même à ces deux étapes de l'intervention, il incombe également au chirurgien de s'assurer de la réalisation de ce contrôle exhaustif, même par une interrogation verbale du personnel de la clinique mis à sa disposition".

Responsabilité légale

À quelles conditions une infection peut-elle être considérée comme nosocomiale ?

- 11 mai 2026 -

Comme l'a rappelé le Conseil d'État dans un arrêt du 21 juillet 2025, une infection survenue après ou en cours d'hospitalisation doit être considérée comme nosocomiale si elle n'était ni présente ni en incubation au début de la prise en charge, sauf à pouvoir démontrer la preuve d'une autre origine que la prise en charge.

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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

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