Droit et gestion

Droit

Taxes foncières, relations avec les Ordres professionnels, responsabilité pénale, questions relatives à l’immobilier ou la gestion des locaux, statuts d’une société, refus de soins, fiscalité et retraite… Un éclairage juridique sur les questions relatives à votre pratique individuelle ou collective.

Notre Expert
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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

Vous avez une question relative à votre exercice, la gestion des locaux, vos droits et devoirs... ? Notre expert vous répond.

L'expert vous répond

Expert
Réglementation de la profession

Un employeur peut-il contacter le médecin traitant de l'un de ses salariés pour obtenir des informations le concernant ?

- 2 juin 2026 -

Comme le rappellent les articles L.1110-4 et R.4127-4 du code de la santé publique, le secret médical, institué dans l'intérêt du patient, dans le but de protéger sa vie privée et le secret des informations le concernant, couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin. Dans un arrêt du 10 décembre 2025, la Cour de cassation a ainsi condamné un employeur pour avoir contacté le médecin traitant d'une salariée afin d'obtenir des renseignements relatifs à la pathologie dont elle souffrait, pour utiliser ces informations et lui reprocher de s'être fait délivrer un certificat médical en rétorsion à l'avis d'aptitude émis par le médecin du travail.

Réglementation de la profession

Un médecin doit-il s'enquérir des résultats d'analyses ou d'examens complémentaires qu'il prescrit à ses patients ?

- 2 juin 2026 -

Pour conforter un diagnostic et déterminer un traitement adapté, un médecin peut être amené à conseiller à un patient des examens ou explorations complémentaires. Ces résultats d'examens ne sont pas toujours transmis au médecin prescripteur – ce que l'on peut déplorer –, et le patient, par négligence ou incompréhension, peut oublier de recontacter son médecin, pensant, à tort, qu'il a reçu directement ses résultats et qu'en l'absence de nouvelles de sa part, ses résultats sont normaux. Pour assurer un suivi pertinent, un médecin doit donc veiller à prendre connaissance, sans délai, de ces résultats, car une absence de suivi pourrait lui être reprochée, notamment si ces résultats devaient entraîner une prise de décision rapide (intervention chirurgicale, traitement spécifique et urgent...). Le constat d'une absence de suivi et un retard préjudiciable au patient pourraient mettre en difficulté le médecin dont la responsabilité serait susceptible d'être recherchée.

Responsabilité légale

Lors d'une intervention chirurgicale, qui est responsable en cas d'oubli d'une compresse chez un patient opéré ?

- 11 mai 2026 -

Dans un arrêt du 10 septembre 2025, la cour d'appel de Rouen a reconnu la responsabilité d'un chirurgien orthopédiste pour avoir oublié une compresse chez une patiente qu'il a opérée et rejeté la faute individuelle de l'infirmière présente. Pour la cour de Rouen, "s'il appartient au salarié de l'établissement de soins de vérifier que le nombre de compresses est le même à ces deux étapes de l'intervention, il incombe également au chirurgien de s'assurer de la réalisation de ce contrôle exhaustif, même par une interrogation verbale du personnel de la clinique mis à sa disposition".

Responsabilité légale

À quelles conditions une infection peut-elle être considérée comme nosocomiale ?

- 11 mai 2026 -

Comme l'a rappelé le Conseil d'État dans un arrêt du 21 juillet 2025, une infection survenue après ou en cours d'hospitalisation doit être considérée comme nosocomiale si elle n'était ni présente ni en incubation au début de la prise en charge, sauf à pouvoir démontrer la preuve d'une autre origine que la prise en charge.

Responsabilité légale

Peut-on justifier la validité d'une décision d'arrêt des thérapeutiques actives prodiguées à un patient dans le coma, du fait d'une absence d'amélioration clinique objective ?

- 11 mai 2026 -

Oui, a répondu le Conseil d'État dans un arrêt du 7 juillet 2025, après avoir rappelé que, dans cette affaire, le patient n'avait pas rédigé de directives anticipées ni désigné de personne de confiance, ce qui obligeait à avoir recours à une procédure collégiale. Et le Conseil d'État de juger qu'il n'y avait eu aucune amélioration de l'état de santé de ce patient depuis son arrivée à l'hôpital alors que tous les avis médicaux extérieurs sollicités affirmaient à l'unanimité que son état de santé ne permettait pas d'envisager une amélioration à l'avenir et que les soins prodigués constituaient une obstination déraisonnable.

Exercice médical

Une infirmière exerçant dans un centre médical de soins immédiats peut-elle demander une autorisation pour exercer sur un site distinct ?

- 11 mai 2026 -

Comme l'a jugé la cour administrative d'appel de Nancy dans un arrêt du 1er avril 2025, l'exercice en centre médical de soins immédiats (CMSI) reste une activité libérale : les infirmières y exerçant sont ainsi soumises aux mêmes règles que les autres infirmières libérales, notamment en ce qui concerne les autorisations d'exercice sur plusieurs sites. Dans l'affaire jugée par la cour de Nancy, trois infirmières, exerçant déjà en CMSI, avaient demandé une autorisation pour exercer sur des sites distincts, mais leur demande a été refusée car les zones concernées n'étaient pas considérées comme sous-dotées en personnel infirmier.

Réglementation de la profession

Ne pas constituer un dossier médical pour ses patients est-il synonyme d'insuffisance professionnelle ?

- 11 mai 2026 -

Dans un arrêt du 6 août 2025, le Conseil d'État a confirmé la mesure de suspension du droit d'exercer la médecine, pendant une durée de dix-huit mois, prononcée par le Conseil national de l'ordre envers un médecin généraliste, pour insuffisance professionnelle, à la suite de plusieurs signalements de patients. Il ressort des pièces de ce dossier et de l'expertise diligentée par l'Ordre que les connaissances de ce médecin présentaient des lacunes dans la prise en charge de pathologies courantes dans l'exercice de la médecine générale concernant les personnes âgées, le diabète et l'hypertension artérielle, et que ce praticien ne constituait pas de dossiers pour ses patients. Autant d'éléments factuels justifiant cette mesure de suspension assortie d'obligations de formation, tenant à l'obtention d'un diplôme d'université de remise à niveau en médecine générale et à la réalisation d'un stage de 360 demi-journées auprès d'un maître de stage agréé en médecine générale.

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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

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