Droit et gestion

Droit

Taxes foncières, relations avec les Ordres professionnels, responsabilité pénale, questions relatives à l’immobilier ou la gestion des locaux, statuts d’une société, refus de soins, fiscalité et retraite… Un éclairage juridique sur les questions relatives à votre pratique individuelle ou collective.

Notre Expert
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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

Vous avez une question relative à votre exercice, la gestion des locaux, vos droits et devoirs... ? Notre expert vous répond.

L'expert vous répond

Expert
Responsabilité légale

Peut-on justifier la validité d'une décision d'arrêt des thérapeutiques actives prodiguées à un patient dans le coma, du fait d'une absence d'amélioration clinique objective ?

- 11 mai 2026 -

Oui, a répondu le Conseil d'État dans un arrêt du 7 juillet 2025, après avoir rappelé que, dans cette affaire, le patient n'avait pas rédigé de directives anticipées ni désigné de personne de confiance, ce qui obligeait à avoir recours à une procédure collégiale. Et le Conseil d'État de juger qu'il n'y avait eu aucune amélioration de l'état de santé de ce patient depuis son arrivée à l'hôpital alors que tous les avis médicaux extérieurs sollicités affirmaient à l'unanimité que son état de santé ne permettait pas d'envisager une amélioration à l'avenir et que les soins prodigués constituaient une obstination déraisonnable.

Exercice médical

Une infirmière exerçant dans un centre médical de soins immédiats peut-elle demander une autorisation pour exercer sur un site distinct ?

- 11 mai 2026 -

Comme l'a jugé la cour administrative d'appel de Nancy dans un arrêt du 1er avril 2025, l'exercice en centre médical de soins immédiats (CMSI) reste une activité libérale : les infirmières y exerçant sont ainsi soumises aux mêmes règles que les autres infirmières libérales, notamment en ce qui concerne les autorisations d'exercice sur plusieurs sites. Dans l'affaire jugée par la cour de Nancy, trois infirmières, exerçant déjà en CMSI, avaient demandé une autorisation pour exercer sur des sites distincts, mais leur demande a été refusée car les zones concernées n'étaient pas considérées comme sous-dotées en personnel infirmier.

Réglementation de la profession

Ne pas constituer un dossier médical pour ses patients est-il synonyme d'insuffisance professionnelle ?

- 11 mai 2026 -

Dans un arrêt du 6 août 2025, le Conseil d'État a confirmé la mesure de suspension du droit d'exercer la médecine, pendant une durée de dix-huit mois, prononcée par le Conseil national de l'ordre envers un médecin généraliste, pour insuffisance professionnelle, à la suite de plusieurs signalements de patients. Il ressort des pièces de ce dossier et de l'expertise diligentée par l'Ordre que les connaissances de ce médecin présentaient des lacunes dans la prise en charge de pathologies courantes dans l'exercice de la médecine générale concernant les personnes âgées, le diabète et l'hypertension artérielle, et que ce praticien ne constituait pas de dossiers pour ses patients. Autant d'éléments factuels justifiant cette mesure de suspension assortie d'obligations de formation, tenant à l'obtention d'un diplôme d'université de remise à niveau en médecine générale et à la réalisation d'un stage de 360 demi-journées auprès d'un maître de stage agréé en médecine générale.

Réglementation de la profession

Que risque un pédicure-podologue s'il ne respecte pas les termes de son contrat de collaboration ?

- 2 avril 2026 -
Vous avez des questions ?

[L'Ordre des pédicures-podologues vous répond...]

D'abord les faits : un contrat de collaboration liait deux pédicures-podologues et prévoyait classiquement une clause de non-concurrence (délimitée dans le temps et l'espace) et un préavis de rupture (fixé à deux mois). Cependant, la collaboratrice a rompu le contrat avec effet immédiat, sans respecter le préavis fixé. Elle a, en outre, signé juste avant son départ une convention directe avec l'Ehpad où elle intervenait jusqu'alors pour le compte de sa titulaire. Au-delà de la rupture de contrat, la juridiction ordinale a retenu une violation de l'article R4322-62 du code de la santé publique, qui impose des rapports de bonne confraternité. Qualifiant le comportement de cette collaboratrice de "particulièrement léger et désinvolte", la chambre disciplinaire nationale a prononcé une interdiction d'exercer de quinze jours ferme.

Attention donc : une faute contractuelle peut justifier une sanction disciplinaire dès lors qu'elle porte atteinte à la dignité ou à la confraternité de la profession. Si le collaborateur est libéral et indépendant, il reste soumis au respect des clauses signées et au code de déontologie.

Secret professionnel

Quelles sanctions quand le secret professionnel sort du cabinet de podologie ?

- 2 avril 2026 -
Vous avez des questions ?

[L'Ordre des pédicures-podologues vous répond...]

Un arrêt récent de la chambre disciplinaire nationale rappelle que le secret professionnel est absolu, y compris face au cercle familial, et que sa violation peut entraîner de lourdes sanctions ordinales. À l'origine de l'affaire, un différend classique : une erreur de complétude sur une feuille de soins, qui empêche le remboursement de semelles orthopédiques.

Face à l'enlisement du litige avec sa patiente, une pédicure-podologue a commis l'erreur de solliciter l'intervention de son conjoint. Ce dernier a contacté la patiente par téléphone à plusieurs reprises et s'est même rendu directement sur son lieu de travail pour tenter de "régler la situation".

Saisies de l'affaire, les instances disciplinaires (première instance et nationale) ont été sans appel : en partageant avec un tiers (son conjoint) des informations nominatives et médicales, la pédicure-podologue a violé l'article R4322-35 du code de la santé publique, qui dispose que "le secret professionnel s'impose à tout pédicure-podologue, dans les conditions établies par la loi". Le manquement est caractérisé par la divulgation sciemment opérée de l'identité de la patiente, sa pathologie (la nature des soins) et son lieu de travail. Outre le préjudice subi par la patiente, les juges ont retenu une atteinte grave à l'image de la profession. La sanction est exemplaire : une interdiction d'exercer de trois mois (dont deux avec sursis).

Pour rappel : le secret professionnel est structurel. Il couvre tout ce qui est venu à la connaissance du professionnel dans l'exercice de sa profession et ne souffre d'aucune exception pour le conjoint ou les proches. Donc, dans votre pratique, ne partagez jamais l'identité d'un patient conflictuel avec vos proches. Et sachez que le secret protège le patient, mais il protège aussi le droit d'exercer du professionnel.

Réglementation de la profession

Puis-je établir un certificat médical si je suis sollicité par une personne majeure victime de violences ?

- 1 avril 2026 -

Comme le rappelle l'Ordre, vous ne pouvez vous prononcer ni sur la réalité des faits ni sur la responsabilité d'un tiers. Vous devez décrire, dans votre certificat, les lésions constatées et évaluer, si possible, l'incapacité totale de travail (ITT). Aucune tierce personne ne doit être mentionnée ni même simplement évoquée dans votre certificat, qui se doit de rester factuel, avec une description précise des lésions constatées sans les rapporter aux faits incriminés. Vous devez remettre l'original de votre certificat directement à la personne concernée et en conserver un double.

Immobilier & patrimoine

L'un de mes patients m'a fait remarquer, alors qu'il était en salle d'attente, qu'il entendait assez distinctement la conversation que j'avais avec mon patient présent dans mon cabinet. Est-ce un problème ?

- 1 avril 2026 -

Absolument, dans la mesure où vos échanges doivent rester confidentiels et sont couverts par le secret professionnel. Un patient présent dans votre salle d'attente n'a pas à connaître le motif de la consultation du malade qui le précède et à entendre ses confidences, qui ne regardent que vous. À ce titre, le code de déontologie et l'article R4127-71 du code de la santé publique rappellent qu'un médecin doit disposer, au lieu de son exercice professionnel, d'une installation convenable, de locaux adéquats, pour permettre le respect du secret professionnel. Des travaux d'insonorisation doivent ainsi être envisagés si besoin.

Notre Expert
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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

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