Droit et gestion

Droit

Taxes foncières, relations avec les Ordres professionnels, responsabilité pénale, questions relatives à l’immobilier ou la gestion des locaux, statuts d’une société, refus de soins, fiscalité et retraite… Un éclairage juridique sur les questions relatives à votre pratique individuelle ou collective.

Notre Expert
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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

Vous avez une question relative à votre exercice, la gestion des locaux, vos droits et devoirs... ? Notre expert vous répond.

L'expert vous répond

Expert
Exercice médical

Une erreur de diagnostic est-elle toujours fautive ?

- 10 mars 2026 -

Par principe, un diagnostic doit être élaboré avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire. Au moindre doute, un médecin ne doit pas hésiter à demander des examens ou explorations complémentaires, s'enquérir de leurs résultats et demander un avis complémentaire auprès d'un confrère spécialiste dans le traitement de la pathologie observée. Seule une erreur grossière, et donc anormale, de la part d'un praticien correctement formé, pourrait être jugée fautive, car non conforme aux diligences habituelles et normales qu'un médecin se doit de respecter. Un contexte d'urgence, un manque d'information ou encore un agenda surchargé pourront avoir une incidence sur la prise de décision (ou son absence) du médecin, qui devra toujours justifier qu'il a posé à son patient les bonnes questions, qu'il a bien utilisé les moyens personnels et matériels mis à sa disposition.

Responsabilité légale

La responsabilité d'une société d'ambulance peut-elle être engagée en cas de chute d'un patient durant un transport ?

- 10 mars 2026 -

Dans un arrêt du 23 septembre 2025, la cour d'appel de Dijon a jugé qu'un ambulancier participe à la réalisation d'actes de soins dans la mesure où il assure la surveillance et la bonne exécution des gestes appropriés pour l'état de santé du patient lors du transport de celui-ci. Ainsi, sa responsabilité est engagée en cas de manquement durant le transport, même si cet ambulancier est prestataire du Smur et sous la responsabilité d'un médecin de service. Et la cour de Dijon d'en conclure que face à une chute d'une patiente d'un brancard, la faute d'inattention de l'ambulancier est engagée et est constitutive d'un manquement engageant sa responsabilité.

Réglementation de la profession

Lorsque des actes d'anesthésie ou la surveillance post-interventionnelle sont réalisés par des infirmiers anesthésistes, l'anesthésiste doit-il être présent ?

- 10 mars 2026 -

Comme l'a rappelé la Cour de cassation dans un arrêt du 15 octobre 2025, "il résulte de l'article R4311-12 du code de la santé publique que, lorsque des actes d'anesthésie ou la surveillance post-interventionnelle sont réalisés par des infirmiers anesthésistes diplômés d'État, l'anesthésiste doit être dans le bloc opératoire et non dans les étages de l'établissement ou en consultation afin de pouvoir se libérer immédiatement pour faire face à une urgence vitale lors d'une intervention".

Responsabilité légale

Nous exerçons au sein d'une maison de santé. Sommes-nous responsables si l'un de nos patients fait une chute dans notre salle d'attente ou dans les voies d'accès à notre cabinet ?

- 10 mars 2026 -

Les dommages corporels, comme les chutes, peuvent survenir avant ou après la consultation, à l'écart de toute surveillance du médecin ou de son personnel. Une chute peut intervenir sur les voies d'accès au cabinet ou dans la salle d'attente des médecins. Si elle est due à un comportement imprudent du patient ou de la personne qui l'accompagne, votre responsabilité ne pourra être retenue. Il en va autrement si cette chute a pu être provoquée par un éclairage insuffisant de vos locaux, un mauvais entretien de vos sols entraînant un risque de glissade, des obstacles non signalés (marche peu visible, tapis insuffisamment plaqué au sol, parquet trop ciré...).

Les voies d'accès à votre maison de santé doivent aussi être sécurisées, notamment en période hivernale, pour éviter certaines chutes liées à la neige ou au verglas. Une surveillance accrue doit être mise en place auprès de patients âgés ou fragiles, se déplaçant difficilement du fait de leur âge ou de leur maladie, à plus forte raison s'ils ne sont pas accompagnés.

Dans votre salle d'attente, vous devez veiller à ce que vos fauteuils ou chaises soient en bon état et puissent supporter des patients en surpoids ou en situation d'obésité, et rappeler aux parents d'enfants plutôt turbulents qu'ils en sont responsables. Enfin, le risque de malaise vagal doit aussi être évalué à la suite de certains examens et les médecins doivent donc être particulièrement vigilants.

Rémunération & fiscalité

Un chirurgien-dentiste doit-il faire signer un devis à ses patients en vue de la réalisation d'actes prothétiques ?

- 29 janvier 2026 -

Dans un arrêt du 12 juin 2024, le Conseil d'État a qualifié de faute, au sens de l'article L145-1 du code de la sécurité sociale, le fait pour un chirurgien-dentiste d'avoir plusieurs fois omis de faire signer un devis à ses patients assurés sociaux, en vue de la réalisation d'actes prothétiques. Selon cet article, les fautes, abus, fraudes et tous faits intéressant l'exercice de la profession de chirurgien-dentiste, à l'occasion des soins dispensés aux assurés sociaux, sont soumis à la section des assurances sociales du Conseil de l'ordre. Aux termes des articles L1111-3, L1111-3-2 et R4127-240 du code de la santé publique et des dispositions issues de la Convention nationale des chirurgiens-dentistes libéraux, l'absence de devis daté et signé par le praticien et l'assuré ou son représentant, est condamnable et sanctionnable.

Réglementation de la profession

Des massages de confort, à but non thérapeutique, relèvent-ils du monopole des masseurs-kinésithérapeutes ?

- 29 janvier 2026 -

Comme l'a rappelé la Cour de cassation dans plusieurs arrêts (17 septembre 2024, 29 juin 2021...), les massages à but non thérapeutique, comme les massages californiens, ne relèvent pas du monopole des masseurs-kinésithérapeutes, au motif notamment que la compétence exclusive de ces professionnels de santé est restreinte aux massages à but thérapeutique. Et la Cour de cassation de rappeler que "le massage de relaxation ou de bien-être n'est pas une pratique définie par l'article R.4321 du code de la santé publique, qui vise un acte réalisé de façon manuelle, notamment à des fins de rééducation, dont le but est de prévenir l'altération des capacités fonctionnelles, de concourir à leur maintien et, lorsqu'elles sont altérées, de les rétablir ou d'y suppléer". Le massage "bien-être" n'est pas défini pour autant et pourra toujours donner lieu à discussion sur sa finalité thérapeutique ou non.

Réglementation de la profession

Un confrère empêché d'exercer pour des raisons de santé me demande de tenir son cabinet pendant sa période d'indisponibilité. En ai-je le droit ?

- 29 janvier 2026 -

Comme le rappelle l'article R4127-89 du code de la santé publique, s'il est interdit à un médecin de faire gérer son cabinet par un confrère, le conseil départemental de l'Ordre peut autoriser, pendant une période de trois mois, éventuellement renouvelable une fois, la tenue par un médecin du cabinet d'un confrère empêché pour des raisons de santé sérieuses de poursuivre son activité. Dans la mesure où votre confrère n'a pu organiser son remplacement, il peut demander à son conseil départemental une autorisation de tenue de poste consistant à mettre son cabinet à la disposition d'un confrère inscrit au Tableau, qualifié dans la même spécialité, qui exercera en son nom et avec ses propres documents professionnels. Vous percevrez personnellement les honoraires inhérents à votre activité au sein de ce cabinet et reverserez à votre confrère titulaire du cabinet un montant correspondant aux charges des locaux et de l'installation professionnelle (charges locatives, de secrétariat...). Toutes ces dispositions devant être précisées dans un contrat à communiquer à l'Ordre. Indépendamment de ces démarches, et si vous êtes désigné pour assurer la gestion du cabinet de votre confrère, vous devrez vous rapprocher de la caisse d'implantation de ce cabinet pour vous enregistrer et vous voir attribuer un identifiant vous permettant de facturer vos actes auprès de l'Assurance maladie. Vous serez considéré, pendant cette période, comme conventionné et ne pourrez appliquer que les tarifs opposables, quel que soit le secteur conventionnel de votre confrère empêché.

Notre Expert
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Nicolas Loubry
Juriste

Juriste spécialisé en droit de la santé, ancien responsable du département de protection juridique au sein du Groupe MACSF, auteur de plusieurs ouvrages, guides et articles sur la gestion du cabinet médical, sur les questions déontologiques, juridiques et fiscales que se posent les professions médicales.

Fidèle collaborateur du Concours Médical depuis de nombreuses années, Nicolas Loubry a une connaissance et une expertise des problématiques rencontrées par les professionnels de santé en matière d'installation, de modes d'exercice, de gestion, de responsabilité ou d'assurances.

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