Exerçant à titre libéral au sein d'une MSP, pendant combien d'années ma responsabilité peut-elle être engagée par un patient ?
La prescription d'une action en justice est le délai au-delà duquel cette action n'est plus recevable du fait du temps écoulé. Ce délai est fixé à dix ans, à compter de la consolidation du dommage, en matière civile. La consolidation correspondant à la date à laquelle l'état de la victime est considéré comme stabilisé, cette date de consolidation peut ainsi être tardive et donc faire reculer le point de départ de ce délai de prescription, lequel peut également être interrompu ou suspendu par certains événements (mesure d'instruction, recherche de médiation...). Si le patient est mineur, ce délai de prescription est suspendu jusqu'à sa majorité : la responsabilité du médecin pourra alors être recherchée pendant vingt-huit ans, voire plus si la consolidation est fixée bien après la majorité du patient. Des délais dont la longueur justifie de conserver ses dossiers médicaux pendant très longtemps, afin de pouvoir s'expliquer et se justifier en cas de mise en cause tardive.
Si vous êtes mis en cause sur le plan pénal, généralement pour un délit (homicide involontaire, atteinte involontaire à l'intégrité physique, non-assistance à personne en danger, violation du secret médical...), ce délai de prescription est fixé à six ans.
Enfin, sur le plan ordinal et donc disciplinaire, il n'existe pas de délai pour saisir l'Ordre. Les griefs avancés par votre patient sont imprescriptibles et peuvent donc donner lieu à des poursuites disciplinaires, sans condition de délai.
La chambre disciplinaire de première instance du Grand Est, dans sa décision du 3 octobre 2024, rappelle que la communication autorisée doit rester informative, loyale et discrète et ne saurait en aucun cas se confondre avec une stratégie de prospection : "Elle est loyale et honnête, ne fait pas appel à des témoignages de tiers, ne repose pas sur des comparaisons avec d'autres pédicures-podologues ou établissements et n'incite pas à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins", en écho à l'article du code de la santé publique cité ci-dessus.
