Portée par le Syndicat national des cardiologues (SNC) et soutenue par l'ensemble des acteurs de la cardiologie française, l'expérimentation "Cardio+ : Équipes de soins spécialisés en cardiologie et télémédecine" vise à structurer la prise en charge coordonnée des parcours de soins et de santé des pathologies cardiovasculaires. Lancée en Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Auvergne-Rhône-Alpes (La Nouvelle-Aquitaine a arrêté l'expérimentation en décembre 2024), "ce projet va dans le sens de ceux qu'on avait déjà mis en place à l'hôpital de Chartres", explique Franck Albert, cardiologue au centre hospitalier de Chartres et coordinateur de l'équipe de soins spécialisés (ESS) en Centre-Val de Loire. À l'époque président du Collège national des cardiologues des hôpitaux et secrétaire du Conseil national professionnel cardiovasculaire, il "entretenait des liens étroits avec les cardiologues libéraux, notamment Marc Villaceque (ancien président du SNC) et Thierry Garban. L'objectif était de montrer la faisabilité de Cardio+ à la fois par les hôpitaux et les cardiologues libéraux au sein d'un territoire". Le lien ville-hôpital a donc été pensé dès le début, d'autant que de fortes disparités existent entre les régions. "Les Pays de la Loire et l'Auvergne-Rhône-Alpes sont constitués essentiellement de cardiologues libéraux. Alors qu'en Eure-et-Loir (Centre-Val de Loire), ils sont principalement hospitaliers et on n'a qu'un ou deux libéraux qui participent à l'expérimentation", précise-til, ajoutant que dans ce territoire, 25 % de la population n'a plus de médecin traitant. "L'idée a donc germé chez nous quelques années avant, puisqu'on avait développé des délégations de tâches aux infirmières, en les formant plus à la cardiologie et à l'éducation thérapeutique afin de prendre en charge les maladies chroniques, avec en plus la mise en place de la télésurveillance", poursuit-il.