Les solutions numériques de coordination entre professionnels de santé en ville sont légion, et on pourrait croire qu’ajouter un nouvel outil risquerait d’augmenter la confusion. Mais ce n’est pas l’avis des sept syndicats de professionnels de santé libéraux (CSMF, SML, FNI, FFMKR, SDB, FSPF, SDA)* qui lancent, pour six mois et dans une dizaine de départements**, l’expérimentation d’une nouvelle application, qu’ils souhaitent compatible avec les logiciels métiers existants, et qui doit permettre aux soignants d’échanger de façon souple autour d’un patient : discussion instantanée, partage de comptes rendus, échanges autour d’un cas complexe, suivis post-hospitalisation…  

"Prenez l’exemple d’un patient âgé atteint d’une pathologie chronique et qui est pris en charge à domicile, illustre le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, l’une des organisations participant à l’initiative. Il est vu disons une fois par mois par le médecin, tous les jours par son infirmière libérale, deux ou trois fois par semaine par le kiné… Entre tous ces professionnels, il est nécessaire d’avoir un lien simple, facile d’utilisation et intuitif."

Souplesse d’utilisation

Principal atout de la solution, selon ses promoteurs : elle s’adapte aux réalités du terrain et non l’inverse. "Dans la vraie vie, la patientèle du médecin n’est pas forcément celle du kinésithérapeute ou de l’infirmière, explique Sébastien Guérard, président de la Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR), elle aussi partie prenante du projet. Un kiné ne peut pas participer à 20 équipes de soins primaires (ESP) différentes, et même s’il exerce en maison de santé pluriprofessionnelle (MSP), tous ses patients ne sont pas forcément suivis par des médecins de la structure."

C’est pourquoi, ajoute-t-il, dans la solution promue par les syndicats, la coordination "peut être déclenchée par n’importe quel professionnel, si le patient respecte certains critères d’inclusion liés à la pathologie, l’âge, le niveau d’autonomie, etc.". Celle-ci permet d’échanger des messages, mais aussi, le cas échéant, de déclencher une téléconsultation ou une téléexpertise.

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