En France, chaque année, la consommation de substances psychoactives est responsable de plus de 115.000 décès évitables, estime Santé publique France. Dans son rapport “Addictions : améliorer les parcours de prise en charge”, publié le 2 septembre dernier, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) déplore que le repérage, première étape du parcours, demeure "peu systématique", "insuffisant et inégal" et trop "[dépendant] de l’initiative des usagers eux-mêmes plutôt que d’une orientation par les professionnels de santé". Et que "l’orientation vers une prise en charge spécialisée reste minoritaire lorsqu’elle est proposée par le premier recours" : 6.4% des patients ont été orientés vers les Csapa par un médecin de ville, contre 46% à l’initiative du patient ou de son entourage. Sans compter que, selon la troisième édition du panel d'observation des pratiques et des conditions d'exercice en médecine générale menée en 2020, le repérage systématique pour le tabagisme est pratiqué par 68% des médecins généralistes mais seuls 46% pour la consommation d’alcool à risque et 22% pour le cannabis.

Lisibilité, accessibilité et articulation des offres de soins médicales et médico-sociales sur le territoire, parcours hospitaliers, structures spécialisées, suivi des patients... Le constat de l'Igas est sans appel : notre système de santé ne parvient plus à répondre à l’ensemble des besoins. Car il est davantage conçu pour proposer des parcours individualisés, plutôt qu’un modèle uniforme standardisé, notent les auteurs. Ainsi, les recours aux urgences liés à la cocaïne ont été multipliés par trois en 12 ans, le coût social pour le tabac est estimé à 156 milliards d’euros (102 milliards pour l'alcool et 7.7 milliards d’euros pour les drogues illicites), la pratique dangereuse des jeux d’argent et de hasard concerne plus d’un million d’adultes (dont près d’un tiers un risque excessif)...

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