Comment réagir lorsqu’un enfant présente des signes inhabituels, évoque des violences ou suscite une inquiétude sans que les faits puissent être établis avec certitude ? La question concerne l’ensemble des professionnels susceptibles d’être en contact avec des mineurs, des soignants aux travailleurs sociaux, en passant par les équipes éducatives. 

Pour faciliter le passage à l’action, le ministère de la Santé a déployé depuis le 12 octobre et jusqu'au 8 novembre une nouvelle campagne digitale nationale autour du 119, le numéro dédié à l’enfance en danger, piloté par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). Elle vise à mieux faire connaître les ressources existantes, tant auprès des enfants et des adolescents que de leur entourage. 

 

Plus de 43.000 sollicitations traitées par le 119 en 2025

Le 119 est le numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être. Gratuit, confidentiel et accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, il peut être contacté par les mineurs eux-mêmes, mais aussi par les adultes préoccupés par la situation d’un enfant. Les écoutants disposent de compétences complémentaires. Psychologues, juristes et travailleurs sociaux sont formés à la relation d’aide et à l’évaluation des situations de maltraitance. Si un danger imminent nécessite une mise à l’abri immédiate, le 119 contacte sans délai les services de première urgence. 

Les chiffres présentés dans le dossier de presse le 20 octobre, soulignent l’ampleur des besoins. En 2025, le Service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger (Snated), associé au 119, a traité 43.593 sollicitations, contre 40.709 en 2024. Parmi elles, 26.328 ont donné lieu à une information préoccupante, soit 60% des sollicitations traitées. Le nombre d’informations préoccupantes adressées par le service a progressé de 8.1% en un an. Autre évolution notable : les sollicitations émanant directement de mineurs ont augmenté de 32% entre 2024 et 2025 et représentent désormais presque 25% de l’ensemble des sollicitations, contre 20% l’année précédente. 

En 2023, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 82.800 victimes de violences intrafamiliales non conjugales, dont 63.700 victimes de violences physiques et 19.100 victimes de violences sexuelles. "Il n’est pas nécessaire d’avoir des certitudes pour exprimer une inquiétude et aucun signal de danger ne doit être ignoré", a rappelé Stéphanie Rist, dans le dossier de presse. 

 

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