"L’Etat, comme un parent, se doit de protéger les enfants de la République. Aucun jeune, aucun enfant qui manifeste, même s'il trouble l'ordre public, ne devrait risquer de perdre un œil ou une main." Dans une lettre ouverte publiée le 21 octobre dernier et adressée au président de la République, au Premier ministre, à ceux de l'intérieur et de l'Education et aux parlementaires, Christelle Plongeron, Claire Beltramo et Nicolas Groëll, trois médecins généralistes installés à la MSP des Boucles de la Marne en Seine-et-Marne (Ile-de-France), interpellent les pouvoirs publics après les blessures graves rapportées chez des adolescents lors de manifestations lycéennes.
"Selon les informations relayées par les médias, au moins quatre adolescents ont été mutilés lors d'interventions des forces de l'ordre au cours de ces manifestations. Nous employons ce mot à dessein : une mutilation est une atteinte volontaire ou involontaire à l'intégrité physique d'une personne qui entraîne la perte ou la dégradation grave d'un membre ou d'un organe", interpellent les auteurs. D'autant qu'une "blessure physique s’accompagne presque toujours d’une blessure psychique", soulignent-ils. "Un adolescent traité par la force n'apprend pas la modération, il apprend la peur ou la haine de ceux qui le brutalisent."