Pradag pour protocole de retour à domicile anticipé en gériatrie. Objectif : "faire sortir les patients qui n'ont plus besoin de soins aigus et qui sont en attente d’une solution de prise en charge (Saad, Ssiad, Ehpad...)*", explique Arnaud Boulard, secrétaire général de la CPTS Colmar Agglo (Grand Est) et infirmier libéral en charge du groupe personnes âgées. Un protocole de coopération mis en place par la CPTS et la Fondation de la maison du Diaconat de Mulhouse-Colmar, acteur clé en Alsace de l'offre sanitaire, médico-sociale et de la formation. "Vu mes fonctions au sein de la CPTS, j'ai la chance de siéger dans différentes commissions gériatriques et d'échanger de façon régulière avec les gériatres du territoire", souligne l'infirmier. "Au cours de différentes discussions sont apparues, de manière assez spontanée, les difficultés que pouvaient rencontrer les établissements de santé, notamment les 'bed blockers’, ces patients qui n'ont plus de soins aigus, mais qui occupent encore un lit d'hospitalisation en attendant de trouver une solution pour leur sortie."

Une embolisation des cabinets d’Idel

C'est au cours d'une de ces discussions qu'Arnaud Boulard a pu échanger avec Elhadji Diouf, médecin gériatre à la Fondation de la maison du Diaconat. "En tant qu'infirmiers libéraux, ce n'est pas que nous ne voulons pas prendre de patient en attente de solutions – des patients qui nécessitent souvent des soins d'hygiène et donc de l'aide à la personne –, mais nos cabinets, aussi, peuvent être embolisés", souligne le secrétaire général de la CPTS, ajoutant que les solutions proposées en sortie d'hospitalisation consistent "très souvent" à une prise en charge du patient par l’infirmière libérale "pendant deux, trois semaines, voire un mois" avant qu’un Ssiad ou des auxiliaires de vie prennent le relais ou que le patient aille en Ehpad... "Le problème, c'est que ce relais ne se fait pas."

Les cabinets infirmiers du territoire se retrouvent donc avec des patients qu'ils pensaient prendre de façon plus ou moins temporaire. "Comme nous avons l'obligation de proximité des soins, nous devons les garder jusqu'à ce qu'ils acceptent une solution ou il y ait une dégradation de leur état." Les délais peuvent donc facilement atteindre quatre, cinq, six semaines. "D'une part, cela sature nos tournées. De plus, lorsque l'on nous présente un patient en indiquant que c’est une prise en charge temporaire, on dit ‘non’ car la dernière fois que nous avons eu une prise en charge temporaire, elle s'est transformée en une prise en charge chronique", explique Arnaud Boulard.

Une situation bloquante donc, tant pour l'hôpital que la ville qui "échaudent" les infirmières libérales mais qui, comme le précise le secrétaire général, "n'est en aucun cas la faute de l'hôpital" puisqu'il s'agit souvent "d'un refus du patient, l'auxiliaire de vie étant payante, contrairement à l'infirmière, idem pour l'Ehpad." Cependant, l'infirmier l'affirme : "Si on était sûrs que le temporaire reste du temporaire, et même si on n'a pas de place, on pourrait accepter une surcharge de travail pendant une certaine période". C'est de cet échange qu'est né le protocole "Pradag".

 

RETOUR HAUT DE PAGE