Chez les 18-24 ans, plus de 4 sur 10 (42%) présentent un score évocateur d’un trouble anxieux généralisé. Et 38% des 25-34 ans, précise la Fédération hospitalière de France (FHF) dans une enquête publiée ce matin et menée en février dernier auprès de 2.500 personnes*. "La situation est de plus en plus alarmante", alerte-t-elle car "plus d'un Français sur deux présente des signes d'anxiété (légère, modérée ou sévère) et près d'un sur quatre fait l'objet d'une suspicion de trouble anxieux généralisé selon le test clinique GAD-71". Résultat : une évolution des prises en charge hospitalières (hospitalisation et ambulatoire) "particulièrement préoccupante chez les jeunes femmes"  "depuis 2019" : +23% pour les 10-14 ans, +47% pour les 15-19 ans et +49% pour les femmes âgées de 20 à 24 ans… 

De plus, les hospitalisations pour tentative de suicide ont augmenté de 16,6 % "en cinq ans" : soit +25,4% chez les femmes contre 2,5% chez les hommes. Ainsi, alerte la FHF, "les femmes représentent 66 % des hospitalisations en lien avec une tentative de suicide"
 


Chez les adolescentes et les jeunes femmes, les hospitalisations en lien avec une tentative de suicide "atteignent des niveaux particulièrement élevés", poursuit le communiqué : +76 % pour les 20-24 ans en cinq ans et +118 % pour les 10-14 ans. "Derrière chaque chiffre, ce sont des enfants, des adolescents et des jeunes en grande détresse que les équipes hospitalières accueillent chaque jour, en ambulatoire comme en hospitalisation complète, malgré des moyens insuffisants", insiste la FHF qui demande "une mobilisation nationale immédiate".

Car près d'un Français sur deux ayant des problèmes de santé mentale dit rencontrer des obstacles dans sa prise en charge, détaille la FHF. Notamment des délais d'attente trop longs pour voir un psychiatre (45%) ou des rendez-vous impossibles à dérocher (38%). Et les jeunes sont encore plus concernés : 79 % des 18-24 ans confrontés à des problèmes de santé mentale ont rencontré au moins une difficulté d'accès aux soins (contre 62 % en moyenne sur l'ensemble de la population) dont 64 % ont subi des délais d'attente excessifs pour accéder à un psychiatre, et 52 % n'ont pas pu obtenir de rendez-vous. Sans compter que 75% de ces jeunes de cette tranche d'âge ont renoncé à consulter "par crainte de ce qu'un professionnel pourrait leur dire".

Comment y remédier ? En janvier 2025, la FHF a formulé des propositions pour "répondre à l'urgence et bâtir l'avenir de la psychiatrie". Ce qui implique, détaillent Arnaud Robinet et Zaynab Riet, respectivement président et déléguée générale de la FHF, "de prendre des mesures concrètes à court et à long termes" et avoir "une vision prospective et ambitieuse". Parmi ces mesures : la création d'une stratégie à dix ans pour la psychiatrie, un rôle renforcé pour les centres médico-psychologiques (CMP), des conditions de travail améliorées ou encore des liens renforcés avec les acteurs de ville, l'aide sociale à l'enfance ou encore l'école…  

NOTE 
* Enquête Ipsos BVA pour la FHF menée du 18 au 24 février 2026 auprès de 2 500 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population vivant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus. 
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