Laura* est artiste et enseignante. Il y a trois ans, elle a bénéficié d'un dépistage contre les infections sexuellement transmissibles (IST) au centre de santé sexuelle de Die (Auvergne-Rhône-Alpes). Cette fois, elle revient pour "une levée d'amnésie traumatique" survenue au cours d'une psychothérapie et qui relève de viols "à l'intérieur de [sa] famille, qui avaient été perpétrés sur [elle], enfant". Et c'est "en grande détresse" qu'elle pousse la porte du centre de santé sexuelle. "On m'a tout de suite proposé une tisane, j'ai été reçue, écoutée… et jamais on ne m'a demandé de décliner mon identité, de sortir ma carte vitale… C'était un moment d'accueil inconditionnel. Et ça a été très fort d'être enfin accueillie et écoutée pour ce que j'étais en train de vivre." 

Mathilde, elle, a fui – en urgence et avec son fils – le domicile familial pour se protéger de la violence de son conjoint et a trouvé de l'aide auprès du centre de santé sexuelle de Pierrelatte. "Les associations étaient déjà surchargées… (…) J'étais perdue."   


Comme Laura et Mathilde, Rose, Lili et Raoul livrent dans ce podcast de France Culture leur expérience de cette structure "où l'accueil est inconditionnel et gratuit", explique Olivier Danrey, qui a recueilli leurs témoignages dans la Drôme.  

Car dans ce département, sept centres de santé sexuelle directement gérés par le conseil départemental ont fermés le 30 juin dernier. "La majorité parle d'une réorganisation nécessaire pour faire des économies. L'opposition dénonce de son côté une décision politique et idéologique", détaille la production. Et aujourd'hui, dans la vallée de la Drôme, la mobilisation locale "continue" et "un certain nombre d'élus locaux" cherchent des solutions "alternatives", assure-t-elle. 

 

NOTE 
* Le prénom a été modifié  

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