Un désaccord qui risque de coûter cher. Dans la banlieue grenobloise, à Saint-Martin-d'Hères, la tension entre le personnel et les gestionnaires du centre de santé de L'Étoile monte d'un cran. La structure, placée en redressement judiciaire en mars dernier, accuse 500.000 euros de dettes et vivrait ses dernières semaines d'activité. Une catastrophe pour les 9.600 patients du centre qui risquent de se retrouver sans médecin traitant d'ici fin mai. 

Des difficultés qui seraient "liées au niveau de la masse salariale, et notamment, des charges sociales se rapportant aux salaires des médecins", assure l'administratrice judiciaire dans un courrier du 14 avril dernier que nos confrères du Progrès ont pu consulter. "Le centre de santé doit a minima dégager une capacité de financement de 60.000 euros par an afin de pouvoir désintéresser l'ensemble de ses créanciers sur 10 ans. La restructuration ne peut se faire que par la modification de la méthode de rémunération des médecins ou du volume d'heures, impliquant l'accord des salariés concernés."  

Des salaires réduits de 400 euros ?

De quoi faire bondir les médecins salariés de la structure : "Nous nous sommes opposés à l'unanimité (sauf un) à la modification de nos contrats et aux réductions de salaire", confie l'un d'entre eux au journal local. "Mon salaire de février a été payé en avril et ça, ça dure depuis des mois, détaille-t-il. On ne veut plus le vivre !" Son confère va même plus loin, pointant un problème de gestion, et même, un responsable : "C'est la gouvernance Saou." Paul Saou, médecin généraliste et sa femme, Odile Saou, présidente de l'association gestionnaire du centre, ne semblent pas l'entendre de cette oreille. "Il y a une vraie volonté de fermer le centre (et donc l'association) par un noyau dur de médecins qui m'en veulent", estime le médecin qui dénonce "un conflit de personnes", une approche de la médecine "différente, où l'argent est devenu roi" et une mission "abandonnée". 

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