Et Esther Batsch en sait quelque chose. À l’issue de ses études en 2013, elle s’installe à la MSP Pyrénées-Belleville (Paris XXe), "très impliquée dans la lutte contre les inégalités sociales de santé". En 2019, elle fuit "la gentrification croissante de Paris" pour Saint-Denis, un territoire où "les inégalités sociales sont plus marquées". Elle exerce alors au CMS du Cygne, où elle fait régulièrement des visites à domicile. "Mais ça débordait toujours et cela engendrait des retards. Les visites sont très chronophages et les journées ne sont pas extensibles…" D’où son souhait d’imaginer "une autre façon de consulter" qui nécessitait de "changer de logiciel". Depuis qu’elle a monté le centre de santé, elle prend le temps d’écouter les patients pour "bien comprendre les problèmes auxquels ils sont confrontés". Une nouvelle organisation qui s’appuie sur une approche pluridisciplinaire : "On travaille avec des infirmières, des auxiliaires de vie, des pharmaciens ou des kinés du territoire…" Le centre Vadiim est aussi en lien étroit avec trois établissements dionysiens : Casanova (hôpital gériatrique de Saint-Denis), l’hôpital Delafontaine et le Centre cardiologique du Nord.
C’est aussi grâce à sa casquette de coprésidente de la CPTS de Saint-Denis que la médecin a développé son réseau de professionnels. Ce qui lui permet "d’améliorer l’accès aux soins, la prévention et la coordination entre soignants sur le territoire", explique-t-elle. Une fois par mois, le bureau de la CPTS se réunit pour "analyser les problèmes de prise en charge, trouver des solutions et trancher sur des orientations". Des décisions auxquelles participe Élise Valverde, IPA qui exerce trois jours par semaine au centre de santé et deux jours comme coordinatrice à la CPTS. Ce qui permet à cette dernière de "rencontrer des partenaires, de tisser des liens et de mettre en place des parcours avec le centre de santé". À titre d’exemple, "on réfléchit à travailler le lien ville-hôpital avec le service pneumologie de l’hôpital Delafontaine pour les personnes présentant une BPCO", précise l’IPA, qui a également rencontré une diététicienne pour mettre en place des ateliers individuels diététiques. Objectif de cette expérimentation cofinancée par la SER** Diabète Île-de-France : élaborer un programme d’éducation thérapeutique à domicile pour "les patients diabétiques qui ne peuvent pas en bénéficier, car ils ne peuvent pas se déplacer à des ateliers de groupe", détaille Élise Valverde, convaincue que son métier d’IPA "prend tout son sens" au centre de santé.