Vieillissement insuffisamment anticipé et explosion des maladies chroniques ; politiques publiques insuffisamment guidées par une analyse des besoins de santé publique ; choix des 20 dernières années en faveur d’une médecine hyperspécialisée survalorisée au détriment d’une médecine plus globale… Tant de conclusions mises en lumière par les 6 auteurs* du rapport commandé par Catherine Vautrin en septembre 2025 sur les "alternatives et aval des urgences". Les experts missionnés devaient formuler des propositions afin de répondre à 2 objectifs : définir des parcours de prise en charge alternatifs aux urgences lorsque cela est pertinent, et recenser la palette de solutions concrètes pour fluidifier les parcours des patients entrés via les urgences. 

Le 15 juillet, ledit rapport long de 93 pages, a été remis à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Pour répondre à ces enjeux majeurs pour notre système de santé et sa soutenabilité, les auteurs ont donc formulés 7 axes, 9 "recommandations fortes" et 13 propositions pour réorganiser les prises en charge en amont, pendant et après le passage aux urgences, avec une priorité donnée aux personnes vulnérables et notamment âgées, et grâce à l’exercice coordonné et à la fluidification des parcours territoriaux. Parmi les axes proposés, plusieurs concernent directement l'exercice coordonné et ses structures et ses organisations, comme les CPTS et les DAC. 

 

Durant leurs travaux, les experts ont "très vite [fait face] au constat que les difficultés rencontrées aux urgences sont de facto la conséquence directe d’une inadéquation structurelle de l’ensemble du système de santé face aux défis de santé publique posé par les impacts sanitaires, médico-sociaux et sociaux du vieillissement de la population, de l’augmentation des maladies chroniques et des multimorbidités". De ce fait, ils appellent ainsi à "faire des parcours des personnes âgées une priorité absolue", mais ils soulèvent également un problème majeur : "les parcours de santé de nos ainés présentent de multiples ruptures le plus souvent liées à la fragmentation des prises en charge, aux silos que notre système a générés depuis des dizaines d’années". 

Ainsi, ils proposent de mettre en place un "projet territorial pour la personne âgée réunissant tous les acteurs d’un territoire" (recommandation numéro 1) qui permettra de mettre en place des outils communs d’évaluation pour détecter les fragilités en ville et à l'hôpital, mais qui offrira aussi un accès rapide à l’expertise gériatrique, et des protocoles partagés et un soutien aux aidants. Le rapport va plus loin en précisant que le fonctionnement opérationnel de ce projet doit être confié aux CPTS, avec un déploiement à l’échelle départementale en co-portage CPTS-DAC-établissement support de GHT. Le document insiste aussi sur les Ehpad qui doivent être "indissociables" de cette réflexion, et propose de renforcer les médecins coordonnateurs dans leurs prérogatives et évoque aussi la création par décret en Conseil d'Etat, d’une mention gériatrie pour les IPA (recommandation numéro 2) afin de constituer un maillage territorial de compétences.

 

RETOUR HAUT DE PAGE