"Ce que nous ressentons ? Beaucoup d’angoisse et de frustration. Toute l’équipe s’était beaucoup investie. Apprendre comme ça, de façon descendante, que tout allait s’arrêter alors que nous travaillions en coconstruction depuis deux ans, c’est très difficile." Chloé Goubin, médecin généraliste au sein de la MSP Bellevue, à Nantes, résume bien le sentiment des sept structures accompagnées depuis la fin 2023 par l’ARS Pays de la Loire en vue de la généralisation de l’article 51 "Structures d’exercice coordonné participatives (SecPa)". L’annonce de l'arrêt de l'expérimentation – et des financements qui y sont liés –, survenue le 29 janvier, a bouleversé les équipes. Car ces deux dernières années, les 3 MSP et les 4 CDS* avaient engagé une dynamique de santé participative dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville où elles sont implantées.
Une démarche pour laquelle l’ARS Pays de la Loire avait accordé à chacune des équipes une enveloppe de plusieurs dizaines de milliers d’euros. "On a embauché des personnes pour respecter le cahier des charges, mais également parce qu'on croit à cette démarche d’aller-vers, assure Marie Hornsperger, coordinatrice à la MSP Bellevue. Or, ces postes de médiation en santé et de psychologue ne pourront pas être pérennisés, de même que les actions que nous avons mises en place, telles que le groupe de marche, les cafés santé, le jardin…"