L’infertilité concerne une personne sur six au cours de sa vie reproductive et constitue un enjeu majeur de santé publique. En France, plus de 164.000 tentatives d’assistance médicale à la procréation (AMP) ont été réalisées en 2023 et, si l’Assurance maladie permet la prise en charge à 100 % de jusqu’à six inséminations et quatre tentatives de fécondation in vitro (FIV) par projet parental, l’accès aux soins reste marqué par des difficultés d’organisation.

Dans son rapport sur la fertilité remis le 3 novembre à Stéphanie Rist, le comité de pilotage décrit des parcours souvent longs, fragmentés entre plusieurs professionnels et structures, au cours desquels les patients peuvent devoir répéter des examens déjà réalisés, rechercher eux-mêmes les interlocuteurs adaptés ou attendre plusieurs mois avant un premier rendez-vous spécialisé. Face à cela, le rapport préconise de nombreuses recommandations afin de "construire un parcours coordonné, lisible et gradué". "Il ne s’agit plus seulement de permettre l’accès à une succession d’actes médicaux, mais de garantir une continuité de prise en charge, depuis le premier contact jusqu’à l’issue du parcours", notent les rapporteurs. 

 

Mieux articuler les professionnels de ville

Le rapport identifie une articulation insuffisamment structurée entre les professionnels de santé de ville et les centres d’AMP. Le parcours débute généralement auprès d’un médecin généraliste, d’un gynécologue ou d’une sage-femme, avant une éventuelle orientation vers un spécialiste de la reproduction ou un centre clinico-biologique. Le comité relève ainsi une "multiplicité d'acteurs non coordonnés", des orientations trop tardives et des "examens complémentaires redondants". 

Pour y remédier, il entend renforcer le rôle des professionnels de premier recours dans le repérage des situations nécessitant une exploration, la réalisation d’un premier bilan et l’orientation rapide vers une prise en charge spécialisée. Le rapport rappelle les repères de prise en charge : une exploration est à envisager après un an de difficultés à concevoir avant 35 ans, après six mois au-delà de 35 ans, ou sans délai en présence de signes évocateurs. Le premier professionnel consulté – médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme – doit pouvoir orienter rapidement vers un spécialiste de la reproduction lorsque les premiers résultats sont anormaux ou que des facteurs de risque le justifient.

 

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