L’enjeu est déjà “individuel”, met en avant Gaëtan Gavazzi, professeur de gériatrie au CHU de Grenoble Alpes. Les maladies respiratoires ont “des impacts majeurs, notamment chez les personnes âgées”, comme détaille le livre blanc sur les infections respiratoires à prévention vaccinale des séniors. Infection respiratoire entraînant un syndrome confusionnel, chute, dénutrition, puis des pathologies cardiovasculaires, puis une perte d’autonomie : autant de problématiques – de l'aigu au long terme – détaillées par Bertrand Fougère, professeur de gériatrie au CHU de Tours.
Les maladies cardiovasculaires, elles, sont "une des premières causes de mortalité en France", pose Philippe Thébault, président de l'association Alliance du cœur. Et l’enjeu est de repérer les facteurs de risque (diabète, cholestérol, obésité, hypertension...), pour éviter l’aggravation, le passage en affection longue durée (ALD). Mais il faut aussi avoir en tête, avertit Kim Nguyen, que la Cnam "rembourse tous les ans 1.200 euros par assuré qui n’est pas en ALD" et "10.000 euros pour un patient en ALD". Il y a donc, aussi, “beaucoup d’arguments économiques en faveur de la prévention”, qui est “rentable à long terme”, fait savoir Pierre Dubois, professeur à la Toulouse School of Economics. Cela se mesure, poursuit-il, outre la maladie évitée, par “des bénéfices indirects”, difficiles à mesurer : désencombrement des urgences, diminution des arrêts maladie…