Le temps de travail, un enjeu de santé publique (3.3 consultations, visites et téléconsultations par an en moyenne par habitant en 2023), d'accès aux soins (délai moyen de 3 jours pour avoir un rendez-vous avec un médecin généraliste ; enquête Doctolib), et de "conciliation avec de nouvelles aspirations pour les médecins". C'est ce qui ressort du rapport sur le temps de travail des médecins en ville et à l'hôpital, rendu public le 25 août dernier. Une mission, que le Premier ministre avait confiée au début du printemps à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale des finances (IGF), visait notamment à recenser les données disponibles, analyser les évolutions du temps de travail médical et les dispositifs permettant de l’optimiser, et examiner l’organisation et le pilotage du temps de travail dans les hôpitaux publics, explique l'Igas sur son site.
Suivre le temps de travail des médecins par les données, piloter la ressource médicale, mais aussi optimiser le temps médical… Le rapport formule 10 propositions dont l'une concerne les effets des modalités d'exercice "de plus en plus collectif" sur le temps de travail médical. En 2024, par exemple, la pratique en cabinet de groupe est devenue majoritaire : 51 % des médecins libéraux y avaient recours, contre 46.3 % en 2012, précise le rapport. Des regroupements entre professionnels de santé, "et plus particulièrement entre médecins", qui sont un des "leviers de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle" car "ils permettent théoriquement de mutualiser des assistants et secrétaires", ou de faciliter "la prise de jours en dehors du cabinet qu’il s’agisse d’une activité à temps partiel ou tout simplement de la prise de congés."