Article publié dans Concours pluripro, mai 2026
"Dans des situations complexes, ce qui s’avère être une rupture n’en a pas forcément l’air au départ", lance d’emblée Muriel Albinet, chargée de projet au DAC 12 (Aveyron). "Notre travail du quotidien, c’est de savoir identifier une rupture." Car pour le DAC, tout l’enjeu est là : distinguer ce qui relève de la coordination habituelle d’un parcours complexe et ce qui constitue une véritable rupture. "C’est souvent un décalage entre une offre existante et son accessibilité réelle. Par exemple : on peut avoir des dispositifs sur le territoire, mais avec des listes d’attente telles qu’ils ne remplissent plus leur fonction." À cette approche s’ajoute une dimension essentielle, souligne Corinne Fouilleul, directrice du DAC : "Il faut une récurrence des situations pour identifier une rupture de parcours. On ne regarde pas des cas isolés. Et, surtout, il doit y avoir un risque de dégradation de l’état de santé pour la personne." Autrement dit, la rupture ne se limite pas à une difficulté ponctuelle, elle s’inscrit dans une dynamique qui met en danger le parcours de vie.