Février 2023 : la maison de vie et d’accompagnement Astrolabe (Occitanie) intègre ses premiers locataires. Le lieu, qui compte 12 chambres, est pensé pour accueillir des personnes majeures en soins palliatifs – dont la situation est stabilisée –, pour un hébergement permanent ou de répit. Leur particularité : elles ne peuvent rester à domicile du fait de leur isolement, du manque d’aidants et/ou de l’épuisement de ces derniers, mais ne nécessitent pas une hospitalisation, détaille Delphine Calicis, à l’origine du projet. Un projet qui doit beaucoup aux acteurs investis dans la CPTS du Grand Gaillacois (née en 2018) et la MSP Gaillac-et-Côteaux (2021)… Mais l’idée de cette maison est antérieure.  

Elle remonte à 2008. Au congrès de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), Delphine Calicis, alors infirmière coordinatrice en réseau de soins palliatifs, découvre le concept de la première "maison de vie". Avec ses collègues, elle ambitionne de créer une structure similaire dans le Tarn, mais le projet capote, faute de soutien institutionnel. Il est relancé en 2016, avec la mise à disposition d’un terrain par la mairie de Cahuzac-sur-Vère, la promesse d’un soutien sur le volet immobilier par la Fondation des œuvres du Père Colombier, la reconnaissance par l’ARS Occitanie d’un besoin… Mais il faut attendre 2022, post-Covid, pour la pose de la première pierre. Et 2023, pour l’inauguration. 

Des professionnels "qui se parlent"

"Grâce à l’exercice coordonné, on a pu monter La Maison Astrolabe telle qu’elle est aujourd’hui", se félicite Delphine Calicis. Déjà, le choix a été fait de "ne pas recréer une unité de soins palliatifs de type hospitalier, avec des professionnels de santé salariés", explique Théo Combes, vice-président de l'association qui porte la structure. Mais de faire un "substitut de domicile", où interviennent des professionnels libéraux (médecins traitants, infirmières, kinés…) qui "se parlent, ont l’habitude de travailler ensemble, de faire des RCP*", étant engagés dans le coordonné. Grand salon ouvert, piano, grandes baies vitrées, salon bibliothèque, jardin extérieur, chemin piétonnier, chambres privatives… La Maison Astrolabe compte une surface totale de 732 m², répondant aux dernières normes BBC (bâtiment basse consommation). 


crédit : La Maison Astrolabe

 

Le patient, poursuit le médecin généraliste, également président de la CPTS Grand Gaillacois et du DAC du Tarn, conserve "le plus possible ses intervenants habituels", en proximité, pour éviter les ruptures. S’il vient de plus loin, des infirmières "locales" prendront la relève, et pour le médecin traitant, cela dépend s’il "veut jouer le jeu" : utiliser l’outil de coordination, faire des téléconsultations assistées...  

La maison permet "un accompagnement pluridisciplinaire dans un lieu sécurisé, adapté, en lien avec tous les professionnels de santé de la filière soins palliatifs", précise Delphine Calicis : DAC, équipes territoriales de soins palliatifs, HAD, lits identifiés de soins palliatifs, unités de soins palliatifs... Elle a été conçue comme un maillon supplémentaire de la prise en charge territoriale de ces patients. L’idée étant d’organiser la graduation des soins, les transitions entre le domicile, la maison d’accompagnement, les structures hospitalières, selon l’évolution clinique.  

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