Article publié dans Concours pluripro, novembre 2021

Êtes-vous satisfait de la feuille de route du 5e Plan soins palliatifs, présentée en septembre ?

Bien sûr, les efforts se poursuivent. Depuis 1999, il y a déjà eu quatre plans. Ils ont permis notamment d’insister sur la formation des professionnels, la diffusion de bonnes pratiques, de commencer des campagnes d’information des citoyens sur l’expression de leurs volontés. Des structures ont aussi émergé : le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, la Plateforme nationale pour la recherche sur la fin de vie. Tout cela, ce sont des réussites des plans antérieurs. Mais le fait que le gouvernement se rende compte, à travers ce nouveau plan, que les situations palliatives vont être de plus en plus nombreuses dans les années à venir, c’est important. On estime qu’on attend 100 000 décès de plus par an dans la population d’ici une vingtaine d’années, avec surtout des situations de plus en plus complexes.

 

Quelle sera la place de la médecine de ville dans ce nouveau plan ?

C’est vrai que la médecine de ville était un peu transparente dans les plans précédents. On n’a pas beaucoup d’indicateurs qui permettent de voir l’accès aux soins palliatifs hors du milieu hospitalier. Il y a donc, d’abord, une volonté de valoriser le travail coordonné qui se fait dans les équipes de soins primaires actuellement, notamment dans les centres ou maisons de santé, mais aussi dans les CPTS. Toutes ces équipes-là réfléchissent sur les cas dits "complexes", en particulier sur les situations palliatives. Il y a des protocoles réalisés dans ces structures pour mieux prendre en charge les situations palliatives, pour que les professionnels réfléchissent en amont afin d’anticiper une aggravation de l’état du patient, et surtout prévoir les besoins au domicile pour, par exemple, essayer de le garder le plus longtemps possible chez lui. En maison de santé, ce qui est formidable, c’est la facilitation de l’outil de travail pluriprofessionnel, la coordination du travail. Ce sont des équipes qui ont l’habitude de travailler de façon coordonnée, qui ont déjà fait, pour la plupart, des réunions de coordination sur des patients complexes. Les situations palliatives en font partie. On ne fait pas de soins palliatifs seul : la collégialité, c’est autant l’avis d’un autre médecin que celui de l’infirmière, du pharmacien.

On attend 100 000 décès de plus par an dans la population d’ici une vingtaine d’années
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