"Les patients, qui ne pouvaient pas obtenir un rendez-vous rapidement avant, ne nous disent plus qu’on les laisse crever !", lance le Dr Bertrand Joseph président de la CPTS Sud 28 (Eure-et-Loir), quelques semaines après la mise en place une dispositif permettant de prendre en charge les petites urgences et d’éviter l’engorgement des urgences. Un dispositif expérimental qui fonctionne uniquement du lundi au vendredi, une permanence de soins étant assurée le week-end par le Samu, a-t-il détaillé auprès de L'Echo Républicain.

Le président de la CPTS qui  couvre un territoire de 55 000 habitants (Bonneval, Brou, Châteaudun, Cloyes-les-Trois-Rivières et Orgères-en-Beauce) a rappelé que "la première de nos missions prioritaires est de faciliter l’accès aux soins des patients. Nous apportons des solutions pour fluidifier le parcours du patient et mieux le prendre en charge". En effet, les patients de ce territoire connaissent de grandes difficultés d’accès aux soins non programmés : 8 000 patients n’ont pas de médecin traitant.

16 généralistes proposent des heures d'astreinte

Après plus d’un an de travail, la CPTS Sud 28 a su fédérer les professionnels pour expérimenter une organisation innovante :  "Si un patient de notre territoire se réveille avec de la fièvre ou des douleurs et qu’il n’a de médecin traitant ou que ce dernier est indisponible, deux solutions s’offrent à lui depuis le 12 septembre, a expliqué Bertrand Joseph.

Il peut d'une part se rapprocher de son pharmacien, d’un infirmier, d’un secrétariat médical ou d’un kiné - "une grande majorité des pharmaciens et plus de la moitié des infirmiers et des kinés de notre territoire sont partenaires de la CPTS Sud 28 et ont été formés aux soins non programmés pour les enfants et les adultes" - ou d'autre part appeler le 15 pour contacter le Samu. "Celui-ci va lui passer le médecin d’astreinte du jour avec lequel nous collaborons, détaille le président de la CPTS Sud 28. "Seize médecins généralistes sur les 33 que compte notre territoire ont accepté d’apporter une réponse aux besoins de soins non programmés. C’est pas mal, vu qu’ils croulent sous les rendez-vous"

Ces seize praticiens, qui tournent à tour de rôle et ont deux heures d’astreinte par semaine, sont indemnisés par la CPTS Sud 28. "Nous avons également mis en place une plateforme téléphonique et embauché une opératrice, Angélique, pour la gestions des rendez-vous avec le médecin d’astreinte du jour", a ajouté Bertrand Joseph.

Un peu plus de deux mois après son lancement, le dispositif - qui se poursuivra jusqu'à la mi-janvier - a déjà recueilli à 207 appels de patients. 190 rendez-vous  ontpu être donnés et honorés, "la plupart du temps le jour même par le médecin d’astreinte", a témoigné l'opératrice.

"Notre objectif est que cette expérimentation s’étende sur tout l’Eure-et-Loir et que les cinq autres CPTS du département s’en emparent. L’idéal serait d’ouvrir un centre de soins médicaux non programmés, mais nous manquons de médecins pour faire fonctionner une telle structure", a conclu Bertrand Joseph.

[Avec L'Echo Républicain]

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