Ainsi, pour une "injection intramusculaire réalisée au domicile d’un patient situé à sept kilomètres du cabinet, l’infirmière libérale facture 7.25 euros, acte et indemnités comprises. Mais le déplacement lui coûte 6.02 euros. Il lui reste 1.23 euro pour une intervention qui mobilise environ 25 minutes, soit moins de 3 euros de l’heure avant toute charge sociale et fiscale", comptabiliser Convergence infirmière. Un raisonnement qui "se répète à l’identique pour un pansement, une perfusion, une surveillance clinique, une prise de sang"… autrement dit, l’infirmière "perd de l’argent" en allant à domicile, une situation que la profession juge "insoutenable".
"Notre voiture n'est pas notre moyen de nous rendre au travail. C'est notre outil de travail (...) Si les soignants ne peuvent plus rouler, les patients ne seront plus soignés chez eux, et ils finiront à l'hôpital, qui n'a déjà plus de place", avertit dans un autre communiqué le collectif des infirmiers libéraux en colère (Cilec). Les infirmières ne "réclament pas une aide", mais "un remboursement de ce qu'(elles) avancent pour aller soigner", ajoute-t-il.
Les deux organisations réclament une hausse importante de l'indemnité forfaitaire de déplacement : 3.50 euros pour le Cilec, 4 euros pour les patients dépendants pour Convergence infirmière - et une indexation de l'indemnité sur les prix réels des carburants.
Elles réclament aussi "un accès prioritaire" aux carburants en période de tension d'approvisionnement.
De son côté, le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) demande au gouvernement, dans un communiquéd’agir sans délai notamment avec un plan d’accompagnement financé avec un calendrier précis et demande l’inscription du crédit d’impôt carburant dans le projet de loi de finances, ainsi qu’un accompagnement à la transition vers une mobilité décarbonée (une aide à l’acquisition ou à la location de véhicules électriques). "À défaut, des tournées ne pourront plus être assurées, au détriment des patients les plus isolés et les plus fragiles", avertit le syndicat.
[Avec l'AFP]