Ce lundi matin, Romain Humbert n'a pas ouvert son cabinet médical situé à Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Comme "une cinquantaine de médecins de la CPTS de la Rabelaisie [qui en compte une soixante]", le médecin généraliste s'est mis en grève pour dénoncer une suradministration "insupportable", un budget de soins "insuffisant", des mesures "coercitives" et des contrôles et amendes "injustes", des politiques qui "dégradent la qualité des soins"… Du 5 au 15 janvier prochain, l'ensemble des médecins libéraux, tout comme les étudiants en médecine et les internes, sont appelés à se mobiliser pour défendre la liberté d'exercice. "Ce qui se passe est gravissime, confie Romain Humbert à Concours pluripro. Ça fait un mois qu'on se prépare entre nous, qu'on tente d'avoir un discours commun notamment face aux patients. Et on leur explique que pour les soigner correctement, pour permettre aux internes de s'installer, il va falloir que la médecine soit attractive. Parce qu'ils se rendent compte que notre exercice est de plus en plus compliqué, notamment à cause de ce qui se passe aujourd'hui, de cette suradministration qu'on dénonce, par toute la succession de lois qui s'enchaînent… En France, il manque 6.000 médecins et on a 11.000 remplaçants disponibles. Le problème, ce n'est pas forcément de savoir comment obliger à s'installer les jeunes. C'est de les intéresser. C'est de leur permettre d'avoir un exercice qui leur plaise."
Sur le territoire de la CPTS de la Rabelaisie, "les médecins [commencent] à fermer le 5 janvier" mais "la quasi-totalité des cabinets seront fermés les jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 janvier" et "des perturbations sont reconductibles dès la semaine suivante", assure un communiqué de presse publié ce lundi matin. Et l'équipe est "en lien" avec l'ARS Centre-Val de Loire "depuis le début", assure celui qui est également vice-président de la CPTS et de l'association Médecins pour demain : "On a organisé les gardes pour Noël et on a alerté l'ARS au sujet de la grève de janvier : on n'organisera pas les gardes ni la coordination territoriale mais on se tient à disposition, notamment dans le contexte épidémique actuel. Donc à compter de janvier, il faudra nous réquisitionner… Mais on ne les voit pas beaucoup réagir." Ce qu'il juge "très inquiétant" car "ce sont nos patients", insiste-t-il. "On sait qu'ils vont avoir du mal à trouver des médecins, à être soignés. On a alerté nos collègues des urgences. On leur a dit qu'on était là, qu'on était disponibles… La ministre a dit qu'elle va réquisitionner des médecins. On attend, on est là parce qu'on sait qu'il y a un besoin. Mais on n'est pas là pour essayer de pallier les carences de l'Etat."