Pour la présidente du Cnomk, "la lutte contre la désinformation nécessite un plan ambitieux". "Les tentatives d’infiltration, y compris au plus haut niveau de l’État, par des promoteurs de pratiques non éprouvées, voire charlatanesques, sont multiples", a-t-elle souligné. "Les professionnels qui défendent la démarche scientifique doivent être protégés. Nos chambres disciplinaires n’hésitent pas à sanctionner les manquements à l’obligation d’agir selon les données acquises de la science et de proscrire le charlatanisme, article commun à tous les Ordres de santé d’ailleurs", car, comme elle le rappelle, "aucune profession n’est épargnée par la désinformation".
Rappelant que l’Ordre fête ses 20 ans cette année, Pascale Mathieu a indiqué que "l’année allait être jalonnée de nombreux événements", à commencer par la "publication prochaine" du nouveau Code de déontologie.
"Je souhaite aller plus loin néanmoins dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes", a-t-elle insisté. "Lorsqu’un professionnel est définitivement sanctionné pour des faits graves à caractère sexuel, il ne doit plus jamais pouvoir exercer. La loi doit évoluer pour mieux protéger les victimes. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de personnes vulnérables et d’enfants. C’est le sens des travaux engagés avec la Haute Commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry."*
Pour Pascale Mathieu, si la certification "va se déployer", "l’universitarisation de la profession doit aller plus loin". "Il est temps de créer de véritables postes universitaires pour les kinésithérapeutes, professions matures, riches de docteurs qualifiés et de doctorants", a-t-elle déclaré. Il est également urgent de mettre fin à la prolifération d’instituts privés, jugés anachroniques, et d’augmenter les capacités de formation à coût universitaire. "Nous avons besoin de kinésithérapeutes. Il ne faut pas les remplacer par d’autres professions qui ne sont pas des professions de santé et qui ne sont pas des professions du soin."
Pascale Mathieu estime toutefois que cette mission ne peut être menée par les seuls kinésithérapeutes. "Nous avons besoin de l’appui constant de l’État pour garantir la qualité de la prise en charge des patients", tout en évoquant la "collaboration efficace" avec le cabinet de Stéphanie Rist et la DGOS, qui "va permettre d’améliorer la gestion des dossiers des diplômés européens, laquelle ne permet pas aujourd’hui de satisfaire à l’exigence de qualité indispensable à la prise en charge de nos patients".