Au bout de quatre ans, en novembre 2005, la structure sort de terre et les professionnels pionniers s'approprient "ce nouvel objet en ordre dispersé". Pourtant, le jour de l’inauguration ne lui laisse pas "un souvenir très précis", mais ce dont se souvient Philippe Favier, c'est le sentiment que cette journée n'est "qu'une étape, un début…" : "Tout restait à faire, à prouver, à répondre aux promesses, aux besoins du territoire, aux attentes des professionnels, des élus, des administrations et des usagers… Aujourd'hui, rétrospectivement, on peut se dire qu’on a contribué à écrire, à rendre possible une 'histoire' qui, sans nous, aurait été différente."
Encore faudrait-il pouvoir mesurer l’impact de ces choix sur l’évolution de l'accès aux soins. "Avant le projet du Pôle de santé, le village comptait deux médecins, un dentiste, une pharmacie, une infirmière (la femme d’un des médecins) et un kiné... À ce jour, au sein de la structure, exercent quatre médecins, deux infirmiers, un dentiste, une orthophoniste, une pédicure podologue, une sage-femme, une psychologue et un ostéopathe. Sans compter les consultations régulières d’un chirurgien orthopédiste et d’un gynécologue obstétricien oncologue, ainsi que des permanences de l’assistante sociale de secteur, une association d’aide à domicile, une antenne d’écoute pour les adolescents et un lieu disponible pour la PMI et la médecine du travail…"
La pharmacie est, elle, devenue voisine du Pôle de santé, qui accueille régulièrement des étudiants infirmiers et des internes en médecine générale. Plusieurs se sont d'ailleurs installés sur le territoire pour succéder à des médecins qui ne trouvaient pas de successeur… Une infirmière Asalée a été recrutée et l'équipe envisage de créer une représentation des usagers du Pôle. "Chose étrange aussi : alors que notre structure était initialement regardée par nombre d’autres professionnels et élus du secteur comme un Ovni, un 'dispensaire' ou une 'verrue dans le paysage', aujourd’hui, là où acceptent de s’installer les nouveaux professionnels de santé naissent des maisons de santé modestes ou pharaoniques qui semblent également traverser à leur tour les différentes phases de doute et de maturation…"