Alertés par un article de presse locale, intitulé "Biterrois : entre Saint-Pons-de-Thomières et Riols, le torchon brûle à cause de la Maison de santé", Concours pluripro a voulu en savoir plus. Nous avons interviewé le Dr Francesco Bardini, médecin généraliste au sein de la maison de santé des Hauts Cantons, établissement multisites dans l'Hérault (Saint-Pons-de-Thomières, Olargues, Saint-Chinian).

Pouvez-vous nous brosser l’histoire de la MSP ?

Dr Badini : En 2008, la municipalité de Saint-Pons-de-Thomières a décidé d’investir dans la réhabilitation d’un local afin de le mettre aux normes et d’ouvrir une MSP. Lorsque je me suis installé en 2017, ce n’était en réalité qu’une succession de cabinets de professionnels de santé libéraux. Chacun travaillait dans son coin. Personnellement, je conçois l’exercice de mon métier dans le cadre d’un exercice coordonné. J’ai donc endossé le rôle du coordinateur, avec l’ambition de monter un projet de santé commun. Finalement, nous avons créé une SISA et signé le projet de santé avec l’Agence régionale de santé.

Mais tous les professionnels de santé de la MSP n’y adhèrent pas…

Dr Badini : C’est bien ça le problème ! Nous sommes une MSP multisites. Certains praticiens, qui n’exercent pas dans nos murs, adhèrent au projet de santé et à la SISA. En revanche, depuis un an, nous avons un problème au sein même des locaux de la structure principale. Un jeune médecin généraliste a décidé de rejoindre notre MSP mais n’a pas voulu signer notre projet de santé. Lorsqu’il nous en a fait part, nous lui avons dit qu’il ne pouvait pas s’installer. Mais la mairie a pris le dessus, et approuvé son installation, entraînant une réaction en chaîne de la part d’autres professionnels de santé. Voyant qu’ils pouvaient rester dans leur cabinet sans pour autant y exercer de manière coordonnée, ils ont quitté la SISA et cessé d’adhérer au projet de santé. Ce petit groupe partage cette idée - aujourd’hui pourtant rare et atypique pour des professionnels d’une MSP - de ne pas vouloir se coordonner et privilégier le "chacun pour soi".

Nous ne savons pas où nous installer pour rester au plus près de nos patients
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