France santé "n’est pas un outil d’organisation des soins. C’est un instrument de domestication de la médecine libérale". Dans un communiqué de presse publié ce matin, le syndicat Union française pour une médecine libre (UFMLS) tire à boulets rouges sur ce dispositif, lancé par Sébastien Lecornu en septembre dernier, et qui vise à bâtir, "d’ici 2027, un réseau de 5000 sites France Santé, pour une offre de soins accessible à tous les Français en 30 minutes dans chaque bassin de vie", précisait alors le Premier ministre sur son compte LinkedIn. Une annonce – un label, une enveloppe d'environ 50.000 euros – qui a davantage des airs de "chantage", alerte le syndicat présidé par Jérôme Marty : "L’État crée un label. Il y adosse une subvention (…). Une somme dérisoire au regard des charges d’une structure de soins. Puis il conditionne l’ensemble des financements interprofessionnels à l’obtention de ce label. Résultat : pas de label, pas d’argent. Le tour est joué. Ce n’est pas une incitation : c’est un chantage. Auquel il ne faut pas se soumettre."

Et, dénonce-t-il, le "silence" des syndicats de médecins libéraux qui continuent de s’asseoir à la table de la Cnam pour négocier le cahier des charges de France Santé est "une faute". Car "il ne s’agit plus de négocier : il s’agit de capituler en bon ordre, avec le sourire, en remerciant celui qui vous passe les menottes", insiste le communiqué.  

"Ce n'est plus de l'exercice libéral"

Pour le syndicat, ses confrères syndicalistes "dénoncent un 'plan diabolique' (ce sont leurs mots) puis retournent s’asseoir à la même table. Ils s’indignent de l’ultimatum, puis demandent un délai pour s’y conformer. Ils constatent l’alourdissement du cahier des charges, puis négocient la taille des chaînes qu’on leur met aux pieds. Cette incapacité, de ceux qui prétendent nous représenter, à dire simplement non, tue la médecine libérale". Parce qu'à ses yeux, le problème est "politique" : "accepte-t-on, oui ou non, que l’exercice libéral de la médecine survive en France ?"  

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