Article publié dans Concours pluripro, mai 2022

Quel rôle joue la Facs dans l’écosystème du territoire ?

Éliane Abraham
Éliane Abraham,
présidente du collectif
des dispositifs d’appui
en Grand Est (Codage)

Cette fédération est issue du rapprochement de plusieurs fédérations de réseaux de santé, Clic, Maia, qui, déjà en 2018, ont eu la volonté de se regrouper, et ce, avant même la loi de 2019 actant la création des DAC. Nous nous sommes constitués en collectif notamment pour préfigurer l’arrivée des DAC, élaborer une réflexion partagée et fédérer les acteurs intervenant dans l’appui des parcours. C’était aussi l’occasion de proposer une représentation nationale des acteurs, afin de faciliter les échanges avec les institutions, les professionnels de santé, les associations de patients et d’usagers, et ainsi être l’interlocuteur unique. Nous voulions également être force de propositions sur les travaux menés dans le domaine, organiser des moments de partage, promouvoir la formation, encourager la communication et favoriser la reconnaissance des métiers de l’appui à la coordination et leur expertise.

Boris Duponchel,
vice-président de la Facs

Et nous avons gagné notre pari ! Dès 2019, nous avons commencé à travailler avec le ministère de la Santé, les ARS, les institutionnels chargés d’élaborer des guides sur le sujet, comme l’Anap, la CNSA, la DGOS... Nous travaillons aussi avec AVECSanté, les sociétés savantes et France Assos Santé pour la construction des outils, et avec l’EHESP sur la formation des futurs managers de DAC et sur celle des directeurs en tant que managers opérationnels de structures.

La Facs est en outre préfiguratrice et incitatrice de la création de fédérations régionales de DAC. Elles sont treize aujourd’hui, et d’autres sont en cours de constitution. L’objectif est d’en faire les interlocutrices des ARS dans un sens ascendant et descendant.

 

Pourquoi et comment promouvoir les métiers de l’appui à la coordination des parcours en santé ?

Cette promotion passe par plusieurs éléments clés, notamment l’écriture des référentiels métiers, la mise en place de formations dédiées, de grilles des métiers, de titres. Mais nous n’y sommes pas encore. En tant que fédération, nous échangeons avec la Fehap, fédération d’employeurs signataire de la Convention collective nationale 51, notamment sur les grilles des métiers. Le métier des gestionnaires de cas, qui détiennent une formation diplômante, est déjà identifié. Mais ce n’est pas le cas pour les référents de parcours complexes, les métiers de gestion de la régulation des appels ou ceux de l’animation territoriale… Ce sont les trois missions des DAC autour desquelles il faudrait des métiers identifiés. La Facs a été fortement associée à l’écriture du référentiel métier de référent de parcours de santé complexe au sein d’un DAC. La finalité était de faire converger et d’adapter l’existant afin de proposer une formation harmonisée. Sa publication récente sur le site du ministère officialise ce travail.

 

En quoi cette convergence des dispositifs d’appui est-elle importante ?

Déjà parce que c’est la loi, et il faut l’appliquer. Mais aussi parce que le DAC est un facilitateur de parcours et de proximité. Les dispositifs doivent aujourd’hui être lisibles et identifiés par les utilisateurs professionnels. Dès lors qu’une situation a été déterminée comme complexe, il faut pouvoir graduer les interventions et les moyens avec le plus d’agilité possible et une capacité à innover afin de trouver des réponses aux situations difficiles. L’intérêt est donc manifeste pour les bénéficiaires également.

C’est le cas aussi du côté de l’ARS, des financeurs et des tutelles. Là où ils avaient auparavant plusieurs interlocuteurs, il n’y en a plus qu’un. C’est intéressant pour l’harmonisation des pratiques et des suivis d’indicateurs. Enfin, certains territoires sont historiquement dynamiques dans l’appui et la concertation, d’autres un peu moins. Avec un DAC sur chaque territoire, nous recherchons une équité dans le service rendu.

 

Le DAC est une entité unique mais aussi plurielle car composée de plusieurs entités bien marquées. Comment relever le défi de la coordination au sein même du dispositif ?

Ce défi est fondamental. Prenons l’exemple des gestionnaires de cas Maia : ils intervenaient jusqu’à présent auprès des personnes âgées. Désormais, ils travaillent au sein de DAC polyvalents qui accompagnent des personnes atteintes de pathologies chroniques, des jeunes, des personnes en situation de handicap, précaires... Il n’est pas possible de changer les organisations du jour au lendemain, au risque de perdre l’expertise et la connaissance du terrain déployées parfois depuis plus de quinze ans. C’est le dispositif qui est polyvalent et non chaque salarié. Il faut donc prendre le temps.

Avec un DAC sur chaque territoire, nous recherchons une équité dans le service rendu
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