Article publié dans Concours pluripro, janvier 2026
 

Ne nous trompons plus de débat. La question n'est plus de savoir s'il faut du numérique en santé. Il est déjà là ! Et il est devenu indispensable. Indispensable pour les patients, dont la vie avec une maladie ne se résume pas à quelques consultations par an. Indispensable et vertueux pour la recherche, car nous sommes entrés dans une ère de données massives, continues, longitudinales. Indispensable, enfin, pour un système de santé sous tension, confronté au vieillissement, à la chronicité et à la pénurie démographique médicale jusqu'en 2035... Refuser le numérique aujourd'hui, ce n'est pas être prudent. C'est être aveugle. Mais accepter le tout-digital, sans recul ni cadre, sans discernement, ce serait dangereux.

Car, oui, les données changent tout. Objets connectés, dispositifs médicaux, télésuivi : nous disposons désormais d'informations fines, continues, contextualisées. Associées à la puissance d'analyse de l'intelligence artificielle, ces données ouvrent des perspectives inédites en matière de pertinence, de qualité des soins et de personnalisation des prises en charge.

Certaines études récentes montrent d'ailleurs que, dans des contextes très ciblés, l'intelligence artificielle peut dépasser la performance humaine en analyse pure, parfois même lorsque le médecin est associé à l'outil. Ce constat ne doit ni fasciner ni inquiéter, mais interroger : la valeur du soignant n'est pas dans la rivalité avec la machine, mais dans sa capacité à s'appuyer sur elle quand elle est pertinente, fiable, sécurisée. Une révolution... qui bouscule nos certitudes. Des normes figées, des seuils arbitraires, des habitudes de prescription héritées plus que questionnées. Quand la vie réelle entre dans le champ médical, et que l'intelligence artificielle permet de faire émerger des signaux faibles invisibles à l'oeil humain, certains dogmes vacillent. Et c'est une excellente nouvelle !

Le numérique et l'IA doivent enrichir le colloque singulier, pas le court-circuiter
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