Qui sont les followers de Major Mouvement ?

Lorsque je fais des sondages, je m’aperçois qu’environ la moitié de mes abonnés proviennent des filières de santé, et sont principalement des étudiants.

Que leur proposez-vous sur Instagram et YouTube ?

Je fais principalement des tutos : sur Insta, je publie des vidéos quotidiennes courtes : une minute pour une information. Sur YouTube, je propose des vidéos un peu plus longues et détaillées, que je publie une fois par semaine. L’idée, c’est de vulgariser les connaissances en kiné dans le but d’aider à mieux bouger, et de contrer les fakemed. Ma volonté, ce n’est pas que les gens se soignent en regardant les vidéos. Je donne des trucs et astuces et je propose des tutos, mais je m’inscris plus dans une démarche de promotion de la santé et d’autonomie active des patients. Ce ne sont pas des substituts à la consultation, au contraire. Je vois plutôt cela comme une aide à l’orientation dans le parcours de soins.

La lombalgie, par exemple, est l’un des premiers motifs de consultation chez le médecin généraliste et de postes de dépense de l’Assurance maladie. Il y a pourtant un manque d’information énorme sur le sujet, sur les bons mouvements à adopter, sur l’utilité de la kiné…

Je combats aussi l’élitisme du corps. Avec la démocratisation du fitness s’est installé un culte du « corps idéal », poussé par les réseaux sociaux qui mettent en avant des corps « parfaits ». C’est le meilleur moyen pour faire des erreurs et de provoquer des blessures, mais aussi pour rebuter les débutants. Ma philosophie, c’est d’adopter une bienveillance face au corps.

Dans un autre registre, je souhaite également accompagner le raisonnement clinique, parce que nos études nous préparent à exercer en centres de rééducation ou à l’hôpital, alors qu’en réalité, 90 % des kinés vont exercer en libéral.

 

 

Qu’est-ce qui a changé avec le confinement ?

Les gens ont voulu comprendre. Ils voulaient avoir mon regard de professionnel de santé, des explications sur le virus, et sur la manière de réagir face à l’épidémie. Ceux en télétravail se posaient d’autres questions de santé : quel rythme de travail adopter ? comment adapter son poste ? comment gérer la sédentarité ?

Beaucoup de gens se sont mis au sport, aussi. Les coachs sportifs et les spécialistes du fitness ont vu une opportunité dans le confinement pour proposer leurs services. Mon rôle a été d’accompagner mes abonnés sur la manière de pratiquer une activité physique sans danger, ou alors, en cas de blessure, à les aider à guérir.

Quels retours des professionnels de santé ?

Pour les kinés, les discussions tournaient souvent autour de la frustration de ne pas pouvoir aider pendant la crise. Pour nous, c’était compliqué de voir les difficultés des médecins, des infirmières, mais aussi de certains kinés qui continuaient à exercer, notamment dans les services Covid, sans pouvoir rien y faire. Mais nous étions bien conscients que le rapport bénéfices/ risques ne plaidait pas en faveur de la poursuite de notre activité. Financièrement, ça n’est pas simple non plus. Pendant la première partie du confinement, le télésoin n’avait pas été formellement autorisé pour les kinés. Nous avions simplement le droit de donner des conseils santé bénévoles au téléphone.

Quel a été le rôle des réseaux sociaux pour les professionnels de santé ?

Il s’est exprimé au détour de groupes WhatsApp plutôt que par les autres réseaux. Nous parlions de la manière dont nous gérions nos situations professionnelles et personnelles. Ça relevait plus de la confidence, et les groupes apportaient un soutien moral.

 

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