article publié dans Concours pluripro, mai 2021

Ce sont ses blessures qui lui ont donné l’envie de soigner celles des autres. Née en 1983 à Bourg-en-Bresse, Anne Pipet s’installe, à l’âge de 8 ans, avec sa famille à Bourg-Saint-Maurice, commune de 7 000 habitants située dans la vallée de la Tarentaise, au pied des versants enneigés des Arcs. Pendant sa jeunesse, elle pratique le ski alpin de haut niveau, concourant même en Coupe d’Europe. "Je me suis blessée à plusieurs reprises. Et j’aimais bien la relation de soins. Quand j’ai arrêté la compétition à 20 ans,il était tard pour entamer des études de médecine. J’ai donc choisi la kinésithérapie", se souvient celle qui a hérité de sa pratique professionnelle du ski alpin une grande rigueur de travail, et une capacité à préparer et à atteindre des objectifs.

 

Du chalet à la formation

Son diplôme de kinésithérapeute en poche en 2018, elle exerce, pendant deux ans, dans un cabinet à Bourg-Saint-Maurice tout en poursuivant en parallèle son activité de monitrice de ski. "J’encadrais principalement des groupes de jeunes de la vallée." Elle crée ensuite son propre cabinet à Landry, village de 800 habitants. "J’ai fait un emprunt à la banque, j’ai acheté un terrain, et nous nous sommes mis, avec toute ma famille, à construire le bâtiment", raconte-t-elle. Une solidarité familiale qui donne naissance à un joli chalet de bois, enchâssé harmonieusement dans le paysage alpin, doté d’une petite piscine pour la balnéothérapie.

Si Anne Pipet commence à pratiquer seule, elle s’entoure rapidement d’autres kinésithérapeutes. Aujourd’hui, le cabinet en compte quatre à temps plein et un remplaçant. "J’ai créé un grand cabinet parce que j’aime le travail en équipe. Cela suscite la convivialité, permet de se reposer et, surtout, d’échanger sur nos pratiques." Entre-temps, elle se spécialise dans la rééducation maxillo-faciale, et s’occupe notamment d’enfants dans le cadre de leur traitement orthodontique. "On travaille par exemple sur le placement de la langue ou sur la respiration. Il s’agit de faciliter la bonne croissance de la face." D’autres patients souffrant de douleurs à la mâchoire, de problèmes de déglutition ou atteints de paralysie faciale viennent également la voir. Cependant, la voie de l’hyperspécialisation semble montrer ses limites. "On est coincé. On ne peut pas bien traiter certains patients car on n’a pas de vision globale." La revoilà donc sur le chemin de l’école, à se spécialiser en kinésithérapie du sport en 2013, et en posturologie en 2014. "Parfois, une douleur à la mâchoire peut provenir d’un problème de dos occasionné par le fait de mal “tenir” sa tête. La posturologie permet de voir le patient dans sa globalité."


crédit : Anne Pipet

La kinésithérapeute est également attirée par l’enseignement, car elle aime transmettre le savoir. Depuis 2010, elle initie les étudiants de l’Institut de formation de masso-kinésithérapie (IFMK) de Grenoble – où elle s’est elle-même formée – à la rééducation maxillo-faciale. "J’interviens cinq ou six journées par an. Il s’agit d’un module très condensé qui donne les bases de cette spécialité que j’ai envie de promouvoir." Quelques années plus tard, en 2017, elle s’engage également dans la formation continue, et travaille auprès d’organismes privés. "Je dispense des cours à Mulhouse et à Chambéry mais aussi au sein d’établissements hospitaliers dans d’autres villes."

 

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