Article publié dans Concours pluripro, septembre 2021, p. 30

                              
 
 Sources : INSERM, ANSES

Le contexte

L’incidence des allergies est en constante augmentation. D’après un rapport de 2016 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 25 à 30 % de la population française serait concernée. Allergies respiratoires, cutanées, alimentaires, polluants… L’impact en termes médicaux et socio-économiques est conséquent.

Pourtant, leur prise en charge spécifique peine à progresser. L’allergologie est peu structurée, n’ayant été validée comme spécialité médicale que lors de la réforme du troisième cycle des études de médecine de 2017. De plus, les premiers internes qui ont choisi cette spécialité n’ont pas 2021encore terminé leur cursus de formation. Les médecins généralistes ou d’autres spécialités (dermatologues, pneumologues, pédiatres, etc.) – dont certains n’exercent qu’en allergologie – assurent aujourd’hui l’exercice de la discipline, avec des parcours de soins plus ou moins bien organisés, selon les régions et l’investissement des acteurs locaux. Selon un recensement réalisé en 2015, ils seraient 1 400 sur l’ensemble du territoire, dont 600 en exercice exclusif.

Depuis les années 2000, le réseau d’allergologie de Franche-Comté (Raft), financé par l’ARS et le fonds d’intervention régional (FIR), fédère ces professionnels au sein d’un réseau ville-hôpital, notamment autour du CHU de Besançon et du Dr Jean-Marc Rame, médecin généraliste et allergologue, qui le porte depuis 1997. "L’allergologie impose un dialogue entre la ville et l’hôpital, explique-t-il. Si le suivi peut être assuré par les professionnels libéraux, il faut parfois aller à l’hôpital pour les urgences, pour l’injection de certaines molécules ou les tests de réintroduction alimentaire, par exemple."

Depuis 2005, le Raft s’est aussi installé comme partenaire de la mise en place d’actions de prévention autour des maladies allergiques, en application du Plan national santé environnement 3 (PNSE3), mais également dans la réflexion autour des problèmes liés à l’ambroisie, ou encore dans la prévention des allergies alimentaires en collectivité, assurant la formation des professionnels du secteur.

Le réseau a souhaité pérenniser plus d’une vingtaine d’années d’expérience de travail en réseau autour de l’allergologie à travers la création d’une expérimentation "article 51", intitulée Angele (Allergies complexes : prise en charge globale, diététique et environnementale). "La création de ces expérimentations permet de réfléchir sur la genèse d’un parcours de soins en allergologie, résume Jean-Marc Rame. L’idée derrière la création d’Angele, c’est de formaliser notre expérience, d’évaluer notre parcours de soins et sa reproductibilité ailleurs sur le territoire."

Du premier rendez-vous entre le conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) et le médecin adresseur à l’évaluation, en passant par un bilan intermédiaire sur le ressenti du patient allergique et son évolution clinique, chacun de ces temps d’échange est estimé à 15 minutes.

 

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Pas encore de compte? Inscrivez-vous
RETOUR HAUT DE PAGE