Il l’avoue volontiers : son expérience passée des expérimentations "article 51" n’était pas "forcément enthousiasmante". Mais désormais, "je suis convaincu", a lancé le ministre de la Santé aux porteurs de projets réunis lors d’une journée de travail le 22 novembre à Paris. Convaincu par la "créativité" de ces professionnels de santé et la "méthode expérimentale" employée, François Braun s’est réjoui, nous rapporte-t-on, de ces 122 projets autorisés sur l’ensemble du territoire qui répondent à plusieurs problématiques dont celle de la lutte contre les inégalités d’accès à la santé – territoriales, financières ou sociétales – ou encore de la mise en avant de la prévention.
 

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Santé des enfants, obésité, prise en charge des maladies chroniques, prévention de la iatrogénie médicamenteuse… Cette "diversité dans l’innovation" permet de réfléchir collectivement afin de construire un système de santé plus adapté aux réalités du terrain, a précisé le ministre. Et quatre ans après l’intégration du dispositif "article 51" dans la LFSS 2018, celui qui se définit comme un "homme de terrain mais aussi un homme pressé" estime que "quatre ans, c’est long" : "Il faut qu’on avance plus vite car nous avons besoin de nouvelles organisations de prise en charge", d’une vraie refondation pour contrer les difficultés en ville ou à l’hôpital pour tous les professionnels de santé mais aussi de "retrouver l’objectif de notre système de santé qui est de répondre aux besoins des patients", a-t-il insisté.
 

"Il va falloir choisir"

Tout en évoquant les chiffres prometteurs de ce dispositif – 122 expérimentations et plus de 600 000 usagers concernés – le ministre de la Santé a félicité les porteurs de projet et tous les professionnels impliqués dans ces expérimentations, rappelant que "ce succès, c’est le vôtre" : "Vous apportez des idées et contribuez fortement à la construction de cette refondation du système de santé."

Une quarantaine d’expérimentations arrivant à terme en 2023, "il va falloir choisir", a-t-il lancé. Dans un premier cas, généraliser celles qui ont fait leurs preuves et "faire des boutures" à travers tout le territoire national. Pour accompagner cette généralisation, "il faudra probablement élaborer des mesures législatives et réglementaires – j’y suis tout à fait prêt – y compris à faire une loi santé si nécessaire, mais aussi la mise en place de systèmes d’information, tout ce qui concerne la sécurité et l’hébergement des données de santé… tout ce qui va nous arriver mais qui sera très positif". Mais aussi, avoir le courage d’arrêter l’expérimentation quand ça ne marche pas, tout en capitalisant sur cet arrêt. Citant Albert Einstein qui disait qu’"une personne qui n'a jamais commis d'erreurs n'a jamais tenté d'innover", il a insisté sur le fait qu’une expérimentation qui s’arrête, "ce n’est pas un échec".

Cet aspect terrain, ces "boîtes à outils" et "mises en charge locales" que permettent toutes les expérimentations rejoignent, pour François Braun, les objectifs du CNR Santé, soit la nécessité d’identifier ce qui se passe sur le terrain et de pousser en avant toutes ces initiatives. Autant de pierres qui permettent de construire et de reconstruire le système de santé, avec cette ligne directive : "Innover toujours mais innover avec un objectif qui est d'oeuvrer pour le bien des patients et des professionnels de santé pour qu’ils puissent travailler dans de meilleures conditions."
 

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