Article publié dans Concours pluripro, mai 2022

Madame G., âgée de 51 ans, se présente en première consultation pour une douleur diffuse localisée bilatéralement au niveau de la région lombaire et irradiant le long de la jambe droite. La douleur est survenue brusquement après qu’elle a tenté d’extraire la poussette de sa nièce du coffre de sa voiture. Elle ne décrit pas d’historique récent de lombalgie. Elle consulte son masseur-kinésithérapeute.

L’évaluation de premier recours d’une patiente consultant pour une lomboradiculalgie a pour objectif de répondre à deux questions (Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Rapport d’élaboration, 2019, HAS) :

• quelle présentation clinique et quelle gravité les symptômes et signes cliniques de la patiente évoquent-ils ? Ceci dépendra de la présence de signes d’alerte susceptibles d’évoquer une lombalgie secondaire à une autre pathologie (par exemple une tumeur osseuse) ;
• quel est le risque de chronicisation de la douleur identifié ? Le dépistage de ce risque de chronicité et la mise en place du traitement approprié pourront permettre un retour précoce aux activités personnelles et professionnelles en limitant notamment le risque de récidive.

 

Les étapes de l’interrogatoire

L’interrogatoire du patient par le masseur-kinésithérapeute (Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Rapport d’élaboration, 2019, HAS) vise à identifier la présence de signes d’alerte associés à la lombalgie (communément appelés drapeaux rouges) nécessitant un avis médical tels que :

– de la fièvre associée ;
– une douleur de type inflammatoire ;
– un traumatisme récent caractérisé comme à forte cinétique ;
– un accident du travail ;
– une altération de l’état général incluant une perte de poids subite et inexpliquée ;
– une douleur thoracique antérieure associée ;
– une rachialgie dans la région scapulaire associée ;
– des dysfonctions urinaires ;
– une grossesse en cours ;
– un rhumatisme inflammatoire aigu ;
– une plaie à proximité du rachis.

La suspicion d’une lombalgie secondaire à une pathologie requérant un avis médical dépend du nombre de signes associés et de leur éventuelle aggravation. Le nombre et le type de signes d’alerte conjugués au jugement du professionnel de santé doivent habituellement être les éléments décisionnels menant à des examens complémentaires. Il n’existe cependant pas de seuil fixe de nombre de signes d’alertes nécessaires pour justifier un avis médical.

 

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