La Maison de l'adolescent – fondée en 1999 et inaugurée par Bernadette Chirac, à l'époque présidente de la Fondation des hôpitaux de France – est la première structure du genre en France. Depuis presque trente ans, ce lieu prend en charge, en ambulatoire, les adolescents âgés de 12 à 18 ans avec des souffrances psychologiques somatique et psychiatrique et sert également de lieu d'accueil, d'écoute et de conseil aux parents. Et mardi 9 juin, Brigitte Macron, présidente actuelle de la fondation, est venue inaugurer, avec Edouard Philippe et Agnès Firmin Le Bodo, l'agrandissement de la structure qui compte désormais 1.470 m2 contre les 480 initiaux, dévoile Radio France. Pour financer un tel chantier, la Fondation des hôpitaux de France et l'ARS de Normandie ont déboursé 1.4 million d'euros.

Il faut dire qu'avec une hausse de 35% des demandes pour le Havre et ses antennes de Fécamp et Port-Jérome-sur-Seine (Normandie), la Maison de l'ado gérée par le GH du Havre – qui a accompagné 2.800 familles en 2025 – avait besoin d’espaces plus grands et surtout "plus [conviviaux] ainsi que d'un jardin pour que les ados se sentent à l'aise et déposent plus facilement leurs maux auprès des professionnels de santé", rapportent nos confrères.

"Globalement, les jeunes en France et en Normandie ne vont plutôt pas très bien en termes de santé mentale, depuis le Covid, avec dans nos établissements, un accroissement important du nombre des adolescents qui se présentent", a déclaré Alain Fuseau, pédopsychiatre, directeur adjoint du Groupe hospitalier du Havre auprès de Radio France. 

Depuis le début de l'année, elle accueille aussi en son sein le dispositif Cap'Ado qui s'adresse aux jeunes de 12 à 18 ans ainsi que leurs familles, dans une démarche d’écoute, d’accompagnement, d’évaluation, de soutien et d’orientation, notamment autour des problématiques liées à la santé mentale des adolescents. 

 

Le dispositif Cap'Ado ?

Lancé le 5 janvier 2026 et accessible gratuitement, Cap'Ado permet aux adolescents "de passer discuter sans que cela ne les engage forcément vers un processus thérapeutique". Pour cela, ils sont reçus par une éducatrice spécialisée et une infirmière, toutes deux coordinatrices du service. Un libre accès tant pour les ados que pour les parents et/ou représentants légaux et/ou autres adultes ressources pour l’adolescent. 

D'autres actions sont également mises en place : des ateliers de prévention/sensibilisation, des interventions extérieures (établissements scolaires et médico-sociaux) ou encore des groupes de parole pour les parents et des ateliers pour les parents. 

Ce qui est mis en avant par les adolescents, ce sont des "troubles anxieux et c'est principalement des troubles dépressifs avec des idées suicidaires. On n'a pas de recrudescence d'autres troubles mentaux tels qu'on peut les connaître, la schizophrénie, la bipolarité", précise le pédopsychiatre auprès de nos confrères, qui constate que la "population rechigne de moins en moins à venir vers des lieux de soin, et les adolescents, y compris. C'est un vrai changement depuis 25 ans". 

Il remarque également que "des structures de soin qui ne répondent pas toujours aux adolescents qui ont besoin de venir voir, tester, passer, repasser, revenir et se dire que ça va peut-être marcher et qui ensuite, dans un deuxième temps, simplement, vont enclencher un programme de soins". Pour le pédopsychiatre, "la problématique de démographie médicale chez les psychiatres, et en particulier les pédopsychiatres" devrait permettre à "d'autres professionnels, comme les infirmiers, les éducateurs, les psychologues, de concourir à l'accompagnement de ces adolescents".  

 

[Avec Radio France]

 

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