La mesure, attendue de longue date, devrait concerner 6,7 millions de personnes, estime le ministère de la Santé. Dès le 1er octobre prochain, les protections hygiéniques réutilisables – culottes et coupes menstruelles – seront partiellement prises en charge par la Sécurité sociale pour les personnes assurées de moins de 26 ans ainsi que les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), précise un arrêté publié le 6 août dernier. La mesure, votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, vise à lutter contre la précarité menstruelle, à soutenir le pouvoir d’achat en réduisant une dépense contrainte du quotidien, et à encourager l’usage de protections réutilisables, plus durables et plus respectueuses de l’environnement et non nocives pour la santé, précise un communiqué de presse du ministère.

Les culottes menstruelles devront ainsi être composées "a minima de trois couches", détaille l’arrêté : une couche "drainante en contact avec la peau", constituée de coton biologique (au moins 95 % de coton bio labellisé GOTS Organics) ou de lyocell, une "couche absorbante" et une "couche imperméable antifuites". L'intégralité de la culotte menstruelle doit être certifiée Oeko-Tex Standard 100 classe I ou classe II. Et sa capacité d’absorption devra résister à au moins 52 cycles de lavages d’au moins 30 °C.

Les coupes menstruelles devront, elles, être composées "intégralement de silicone médical catalysé au platine ou de TPE de grade médical. Les ions d’argent, colorant ou tout autre additif sont proscrits", détaille l'arrêté. L’exploitant devra proposer au moins deux tailles de coupes : "une contenance inférieure ou égale à 20 ml", l’autre supérieure pouvant contenir entre 20 et 30 ml.

La prise en charge, limitée à deux produits par an délivrés en pharmacie, se situera entre 55 et 65% pour les femmes de moins de 26 ans, avec un reste à charge pouvant être couvert par la mutuelle. Les bénéficiaires de la C2S bénéficieront, eux, d’un remboursement à 100 %.

"La précarité menstruelle n’est pas une fatalité : c’est une injustice à laquelle nous devons répondre avec détermination", assure Stéphanie Rist dans le communiqué de presse. Avec ce remboursement des protections périodiques réutilisables, le gouvernement fait "un choix clair", poursuit la ministre de la Santé. "Celui de la dignité, de l’égalité et de la santé pour toutes."

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