En juin 2016, jeune papa vivant à Laval (Mayenne), Maxime Lebigot ne trouve aucun médecin traitant pour le suivi de son fils. "J’ai appelé tous les médecins de la ville et des environs. On m’a répondu de rappeler après l’été", se souvient-il. Mais arrivé septembre, la réponse est la même : "On ne prend plus de nouveaux patients". Le Lavallois se tourne vers l’ARS Pays de Loire, "qui m’a répondu de me rendre aux urgences pédiatriques !". Il se trouve que Maxime Lebigot et son épouse sont tous deux infirmiers à l’hôpital de Laval… « Hors de question pour nous de passer par les urgences pour le suivi de notre fils qui n’a pas de problème de santé particulier ! Dès lors, j’ai décidé d’interpeler députés et sénateurs sur les réseaux sociaux pour alerter sur le manque de médecins dans le département".
Son appel est repris dans la presse locale. Dans une interview, il appelle les habitants à le contacter s’ils rencontrent le même genre de problème et s’ils ont des idées pour attirer les médecins. "J’ai été submergé de messages… Et c’est à cette occasion que je découvre tout ce qui est déjà fait, tout l’argent investi pour faire venir les praticiens dans notre département ! C’est aberrant selon moi de dépenser de l’argent public pour cela... Des sommes que l’on ne mobilise absolument pas pour les autres professionnels de santé", observe-t-il.

15 antennes, 1 200 adhérents

Fin 2016, Maxime Lebigot crée l’ Association des citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM), avec 150 membres. "ll était important d’avoir un statut l’association pour être reconnus et écoutés", précise le militant. L’ACCDM va à la rencontre des responsables politiques, des directeurs d’hôpitaux et de cliniques, du conseil de l’Ordre des médecins, de syndicats de médecins, mais aussi de l’ARS, de la CPAM…. Avec un objectif : permettre l’égal accès aux soins en France.
"Après quelques mois à porter le projet à bout de bras, je suis rejoins dans ce combat par le Dr Laure Artru, rhumatologue au Mans. Elle est découragée de diagnostiquer de plus en plus de cancers chez des patients qui n’ont plus de médecin traitant. Médecin, elle davantage écoutée. Elle m’aide à lancer l’antenne de la Sarthe de l’ACCDM".  Aujourd’hui, l’association compte 15 antennes départementales - auxquelles s'ajouteront deux autres d'ici la fin de l'année - et 1 200 adhérents ambitionne d’être présente sur l’ensemble du territoire. "Ce n’est que par cette présence que l’on pourra faire passer nos positions et recommandations qui consistent à réguler l’installation des médecins. Les localités ont beau tout faire pour les attirer, les médecins font toujours ce qu’ils veulent", scande Maxime Lebigot.

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