"Nous nous félicitons du recul du gouvernement." Lors d'une conférence de presse ce vendredi, Eric Chenut, président de la Mutualité française, s'est réjoui du recul du ministère de la Santé sur le doublement des plafonds des franchises médicales : "Le doublement annoncé n'a pas été compris et a pu apparaître brutal", a déclaré Stéphanie Rist qui a déclaré renoncer à cette mesure – qui aurait relevé à 200 euros par an, contre 100 euros actuellement, le montant maximum du potentiel reste-à-charge pour les assurés sociaux – et travailler "désormais à une réforme juste".
"C'était avant tout une sanction contre les personnes malades et avant tout (celles) porteuses de pathologies chroniques", a lancé Eric Chenut, tout en précisant que le caractère "définitif" de ce recul "[n'était] pas acquis" car le gouvernement comptait toujours relever les plafonds mais dans une bien moindre mesure que prévu initialement, "fondée sur une indexation à l'inflation depuis 2005". Sans donner de précision sur le montant précis de cette hausse. "Un flou est largement entretenu", a jugé le président de la Mutualité française.
Ce dernier a également par ailleurs réitéré son opposition à une autre mesure décidée cet été par le gouvernement : le transfert de plusieurs remboursements de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé, dont notamment des médicaments jugés peu performants. Les médicaments dont le "service médical rendu" est jugé faible par la HAS (comme la Betadine, le Gaviscon, les bains de bouche) passeraient à 5% de remboursement contre 15% aujourd'hui, tandis que ceux à service médical rendu moyen (des laxatifs par exemple) passeraient à 15% contre 30% actuellement. "Soit un médicament est utile et il peut être remboursé, soit il n'est pas utile et il ne faut pas le prescrire."
[Avec l'AFP]