"Souvent, quand on a peur de mal faire, on ne fait rien", explique Yann Massart. Sur la place de l'Hôtel de Ville de Paris, mi-septembre, le soleil est à son zénith, une météo idéale pour l'infirmier de profession reconverti en communiquant sur la santé mentale au sein de l’association "Dites Je suis là". "En venant ici avec notre camionnette, ça nous permet d'être identifiable pour la population", assure-t-il. Alors tout l'après-midi, le quarantenaire – et son équipe de bénévoles – va rencontrer les passants curieux et tous ceux qui se reconnaissent dans la cause portée par l'association. Depuis 2021 "Dites Je suis là" répand "les bons gestes" pour soutenir un proche en crise suicidaire, détaille-t-il. En van, l'équipe se déplace dans plusieurs grandes villes de France pour sensibiliser ceux qui ont le rôle de soutien pour les personnes en souffrance psychique.


crédits : C-A.M 

Car être un aidant, c'est aussi se poser les bonnes questions : "Est-ce que j'ai la capacité d'aider ?" "Est-ce que je suis disponible ?" "Est-ce que j'ai un bon état d'esprit ?". Et les réponses ne sont pas toujours évidentes. "C'est justement pour ça que l'association est là, reprend Yann Massart. Pour soutenir les aidants et les accompagner." 

Mais avant le soutien des aidants, "Dites je suis là" donne les clés pour repérer les proches en souffrance psychique. Licenciement, rupture amoureuse, naissance, anniversaire… "Un acte suicidaire peut aussi bien survenir à la suite d'une mauvaise nouvelle que d'une bonne", déplore-t-il. Pour identifier un potentiel passage à l'acte, l'association oriente les proches aidants pour identifier "des changements de comportements soudains". Des troubles du sommeil à l'irritabilité en passant par les addictions et la mise en danger volontaire, "certains signes ne trompent pas". Mais une fois les alertes identifiées, encore faut-il parler à la personne concernée.  

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