Lutte contre les mutilations sexuelles : une campagne pour alerter avant le départ en vacances
À l'approche des vacances d'été, l'association "Excision, parlons-en !" et les pouvoirs publics relancent la campagne nationale "L’excision ne doit jamais faire partie du voyage". Objectif : sensibiliser aux risques liés aux mutilations sexuelles féminines.
Karen Ramsay
Il y aurait, aujourd’hui près de 139.000 femmes excisées en France. Si "aucune pratique active n'est recensée sur le territoire français", des fillettes et des jeunes filles courent, chaque année, le risque d’être mutilées à l’occasion d’un séjour à l’étranger, où la pratique se perpétue, alertent les pouvoirs publics. Alors, à l'approche des vacances d'été, la campagne nationale "L’excision ne doit jamais faire partie du voyage", diffusée pour la première fois en 2017, a été relancée fin juin. Une campagne dans le cadre du plan interministériel 2023-2027 "Toutes et tous égaux", pour l’égalité entre les femmes et les hommes, portée par l'association "Excision, parlons-en !" et soutenue par le ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
Objectif : sensibiliser aux risques liés aux mutilations sexuelles féminines, ces interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins, pratiquées pour des raisons non médicales. "Les mutilations sexuelles féminines constituent une violation grave des droits fondamentaux, avec des conséquences physiques et psychologiques irréversibles", rappelle le ministère. Celles-ci sont "interdites par la loi française, y compris lorsqu'elles sont pratiquées hors du territoire national". Si elles sont commises sur une mineure de moins de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur elle, la peine encourue est de "20 ans de réclusion criminelle".
Diffusée jusqu'au 2 septembre prochain, la campagne s'adresse aux jeunes filles, à leur entourage et aux professionnels afin de prévenir les situations à risque et de rappeler les dispositifs de protection existants. Des affiches, des vidéos et un tchat anonyme sont aussi proposés.