La prévention comme pilier des politiques locales. Le Cercle Prévention & Santé, think tank fondé par Philippe Denormandie, chirurgien neuro-orthopédiste, a détaillé hier au travers d'un document de travail, ses "sept propositions concrètes et pragmatiques à destination de toute municipalité désireuse d’agir pour la santé de ses concitoyens par le biais d’actions de prévention en santé". À moins de trois semaines du premier tour des élections municipales, le groupe de réflexion rappelle que "la santé est aujourd'hui la première attente des Français vis-à-vis de leurs futurs maires, devant même la sécurité des biens", quel que soit le territoire, et que dans "un contexte de désertification médicale, les Français attendent ainsi beaucoup de la part de l’équipe municipale pour soutenir et développer l’accès aux soins".

Ainsi, les sept propositions, issues de ses travaux et échanges organisés autour des acteurs de l’écosystème de la prévention et des réflexions de ses partenaires*, visent à faire de la prévention un "axe structurant" de l’action communale, en soulignant le rôle décisif des professionnels de santé aux côtés des élus locaux. 

 

Le premier axe mis en avant consiste à intégrer la prévention dans les politiques d’aménagement et d’urbanisme. "Les politiques d’aménagement et d’urbanisme sont ainsi des outils de prévention en santé à part entière que les municipalités et intercommunalités ont entre leurs mains. Elles peuvent donc jouer un rôle important en intégrant ce paradigme dans l’ensemble des prérogatives et décisions qu’elles prennent", note le document. Pour cela, le think tank suggère de mettre en place un "échange dédié aux conséquences en termes de prévention en santé du projet et aux mesures qui pourraient la promouvoir (mobilités actives, végétalisation et lutte contre les ilots de chaleur, urbanisme favorable à la santé …)", lors de la réalisation des Plans locaux d’urbanisme communal ou intercommunal (PLU / PLUi). "Une stratégie de résilience communale au changement climatique pourrait être établie et le plan communal de sauvegarde adapté à travers l’inclusion d’un volet de prévention et de réaction aux crises sanitaires (canicules, pandémies, pollutions, etc.). 

Le deuxième axe appelle à renforcer la place de la prévention dans les contrats et partenariats locaux avec l'intégration d'un volet "one health territorialisé" dans les futurs contrats locaux de santé (CLS). Le document suggère également de développer des conventions de partenariats avec les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) et les centres communaux d’action sociale (CCAS) afin de favoriser l’accès aux soins et à la prévention des publics vulnérables, ainsi qu'avec les maisons sport santé (MSS), afin d’améliorer l’accès à l’activité physique.

Troisième axe, et non des moindres, l’"aller-vers" et la médiation en santé. "Mettre en place des actions de prévention est une chose, s’assurer que l’ensemble des publics – et notamment ceux qui en ont le plus besoin – en bénéficient en est une autre. En ce sens, les actions d’aller-vers et de médiation en santé peuvent apporter une réponse à cette difficulté", stipule Le Cercle Prévention & Santé. Pour renforcer les actions de prévention mises en place, les experts insistent sur la nécessité de "s’appuyer sur les CCAS" mais aussi "d'envisager la mise en place de partenariats dédiés avec des professionnels de santé et associations de patients du territoire", notamment en prenant attache avec les CPTS et les maisons de santé présentes sur son territoire.  

 

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